Comédie de Scribe
3. Léontine Fay, dame Joly, dite Volnys (1811-?), avait débuté à l'âge de cinq ans et était au Gymnase depuis 1824 ; elle épousa en iSag l'acteur Charles Joly, dit Volnys, et joua à plusieurs reprises au Théâtre-Français, sans parvenir au sociétariat.
4. François-Nicolas, comte MoUien (ijSS-iSSo), premier commis au contrôle général sous l'ancien régime, directeur de la caisse d'amortissement après brumaire, ministre du Trésor (1806-1814), pair des Cent-Jours, pair de France (1819).
5. Horace-François-Bastien Sébastiani, comte de la Porta (1772-1851), souslieutenant en 1789, général de brigade (i8o3), divisionnaire (i8o5), ambassadeur à Constantinople (1806), représentant aux Cent-Jours, député (1819- 1824 et 1826-1844). ministre de la marine (i83o) et des affaires étrangères (1831-18S2), ambassadeur à Londres (i835), maréchal de France (1840).
6. Jean-Baptiste-Pierre, baron Pas de Beaulieu (i;8;-i858), lieutenantcolonel, député {i82;;-i83o). Le Courrier des Électeurs du 25 mai 1829 venait de raconter que dans une audience accordée au bureau de la Chambre, Charles X avait demandé à Pas de Beaulieu, alors secrétaire, quelle était la dépense mensuelle d'un député à Paris. Sur la réponse que 5oo fr. étaient strictement suffisants, le roi aurait repris : « Vous êtes trop modeste, monsieur, il faut au moins i,ooo fr. ; je le sais, car il est quelques députés à qui j'accorde cette somme et qui se plaignent. » (On sait que le mandat législatif était alors gratuit.)
;. Claude-Louis-Gabriel-Donation, comte de Sesmaisons (1781-1842),
l38 LETTRES A MONTALEMBERT.
M. Dainbray ^, fut, avec M. Delalot ^, le seul qui défendit la loi. Le soir du jour où il avait parlé, le roi dit à M. Dambray : « De quoi diable s'avisait Donatien d'aller parler pour cette loi! » Vous voyez avec quelle bonne foi elle nous était offerte.
L'indécision de la Chambre, qui va croissant chaque jour, donne un fondement à tous les bruits divers qui courent les salons. Il n'y a plus à s'y reconnaître : M. Méchin 3 parle pour le ministère, Sosthènes 4 comme le côté gauche; Bertin de Vaux 5 singe Benjamin Constant; c'est la confusion des langues. En attendant, ils se querellent comme des enfants, et se font de véritables niches ; avant-hier, le côté gauche a empêché de parler M. Boisbertrand ; hier, le côté droit en a fait autant pour M. Ch. Dupin; c'est un nouveau mode de discussion qui donne la suprématie aux basses-tailles, et ne peut manquer de réussir avec MM. d'Anthès ^, Pé-
colonel (i8i6), maréchal de camp (i8ai), député (iSaj-iSSo), admis à la Chambre des pairs en septembre i83o, par succession de son beau-père Dambray, en exécution d'une ordonnance du 23 décembre iSaS.
1. Charles-Henri, vicomte Dambray (1^60-1829), avocat général au Parlement de Paris et gendre du garde des sceaux Barentin, élu aux Cinq-Cents et non acceptant (i;;96), chancelier de France (1814).
2. Charles-François-Louis, vicomte Delalot (1772-1842), participa à l'insurrection de vendémiaire an IV, député (1820- 1824 et 1827-1830), rédigea l'adresse qui fit tomber le second ministère Richelieu (1821) et fut un des plus actifs défectionnaires de droite contre le ministère Villèle.
3. Alexandre-Edme, baron Méchin (i;;;2-i849), proscrit après le 3i mai comme partisan des Girondins, préfet de plusieurs départements sous Napoléon, député (iSig-iSSi), conseiller d'État (i83i).
4- Louis-François-Sosthènes, vicomte de la Rochefoucauld, puis duc de Doudeauville (1785-1864), aide de camp du général Dessolles (i8i4), député (i8i5-i8i6 et 1827-1830), directeur des beaux-arts (1824-1827), maréchal de camp (1825).
5. Louis-François Bertin de Vaux (1771-1842), fondateur des Débats avec 8on frère Bertin l'aîné, secrétaire général de la police (i8i5), député (1820- 1821 et i8a4-i832), conseiller d'État (1822-1824 et 1828-1829), pair de France (i83a).
6. Joseph-Conrad, baron d'Anthès (1773-1852), député (i824-i83o), siégeait à l'extrême droite, n'abordait jamais la tribune, mais interrompait avec une telle véhémence qu'on l'avait surnommé le général de la clôture.
5 JUIN 1829. i39
ton ^ comte de Lobau ^, etc. Cette session va finir pitoyablement en queue de poisson; en attendant, voilà la Chambre des pairs qui se disperse à l'approche des beaux jours, et va voter le budget à la campagne. En vérité, on finirait par douter, avec tout cela, de l'eflicacité du gouvernement représentatif. 11 y a d'ailleurs beaucoup de mécontentement dans les provinces, et le recouvrement des impôts y souffre quelques difficultés : raison de plus pour que la cour n'ose rien faire, le temps est trop à l'orage.
Cornudet me dit qu'il vous envoie de temps en temps quelques-unes des productions les plus remarquables de la nouvelle école; un jour que vous n'aurez rien de mieux à faire, écrivez- moi donc ce que vous en pensez, si vous aimez Hugo, de Vigny ^ et autres ; après les querelles politiques, ce sont les débats entre les classiques et les romantiques qui préoccupent le plus nos têtes parisiennes, car, en province, on en est encore au Constitutionnel et à la Parthénope ^ de M. Delavigne 5; on repousse Lamartine ^ comme royaliste ou inintelligible, vu qu'il n'a pas fait encore de Méditation sur les métiers à tisser et les machines à vapeur. Savez-vous que vous allez être terriblement arriéré en arrivant à Paris? Quand vous entrerez dans un salon, vous ferez bien d'écrire sur
1. Georges-Paul Pétou (1773-1849), fabricant à Louviers, député (1824-1857), siégeait au centre gauche et se passionnait contre le « parti prêtre. »
2. Georges Mouton, comte de Lobau (i7;o-i8'i8), volontaire de 1792, général de brigade (i8o4), divisionnaire (1807), exilé (i8i5-i8i8), député (1828i8'3i), maréchal de France (i83i), pair de France (i833).
3. Alfred-Victor, comte de Vigny (1797-1863), membre de TAcadémie française en 1845.
4. Parthénope et l'Étrangère était une Messénienne publiée en 1822 et bourrt-e d'allusions à la rcvolulion napolilaine.
5. Casimir Delavigne (1793-1843), poète lyrique et dramatique, membre de TAcadémie française (iSaS).