‹ Lettres d'Alphonse d'Herbelot à Charles de Montalembert et à Léon CornudetChapitre 23 sur 38 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

collaboration est d'autant plus utile que le but principal du journal est de présenter une complète statistique des institutions judiciaires ou législatives à l'étranger. L'Angleterre a déjà été explorée avec soin; l'Allemagne va commencer à paraître ; il y a même une correspondance établie avec Constantinople. Vous connaissez, vous aussi, les conditions de l'abonnement; si M. d'Anskarsward voulait y souscrire, et s'il pouvait attirer quelques abonnés suédois, il rendrait un grand service au journal, en lui assurant une correspondance suivie avec les royaumes du Nord.

A propos de M. d'Anskarsward, vous me demandez s'il serait possible de faire passer ses articles aux Débats; je ne puis vous répondre définitivement à ce sujet, ne connaissant particulièrement personne qui ait de l'influence sur ce journal. Peut-être M. d'Anskarsward ferait-il bien de s'adresser directement à M. de Chateaubriand. D'ailleurs, je ne crois pas que les Débats accueillent sa demande. Ce journal est uniquement rédigé dans un intérêt d'amour-propre ou d'ambition particulière, et la collaboration d'un député suédois ne ferait avoir à ses amis ni portefeuille, ni fauteuil au conseil d'Etat. Les deux seuls journaux qui puissent être ouverts à cette correspondance sont le Courrier et le Globe; mais ce dernier, qui n'est pas quotidien, et ne s'occupe qu'à moitié de politique, ne remplirait peut être pas l'intention de votre ami. S'il tient beaucoup à paraître dans un journal français, il ferait bien d'envoyer, je crois, un premier article pour essai, non de son talent, dont je ne doute pas, mais de la manière dont il traitera les questions suédoises; je puis vous promettre que rien ne serait négligé pour lui donner immédiatement toute la publicité possible.

Vous m'avez adressé dans votre lettre du 26 mai une

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question qui, je vous l'avoue, a passé les limites de mon intelligence. Vous demandez un registre exact de toutes les lois, ordonnances et arrêts judiciaires qui sont revêtus d'un caractère permanent. Qu'entendez-vous parla? Estce que toutes les lois et ordonnances ne sont pas contenues au Bulletin des lois? Il suffirait alors de noter au crayon toutes celles qui peuvent avoir de l'importance. Et quant aux arrêts judiciaires, ils ne peuvent jamais avoir de caractère permanent, puisqu'ils sont toujours réformables par d'autres arrêts subséquents. Je crois que Cornudet vous a déjà demandé des explications à ce sujet. Quand nous les aurons reçues, nous nous empresserons l'un et l'autre de faire ce que vous désirez. Tâchez, de votre côté, de ne pas trop tarder dans l'envoi de vos articles, ils sont attendus avec grande impatience, et le plus tôt sera le meilleur.

Vous ne pouvez douter, mon cher ami, du zèle que je mettrai à continuer mon bulletin politique, quand je saurai où vous l'adresser. Il va d'ailleurs devenir beaucoup plus ennuyeux quand la session sera terminée et que nous serons retombés de toute notre hauteur sous la nullité de MM. Martignac, Portails et G'^ Depuis quelque temps, vous avez dû voir comme les séances de la Chambre ont été violentes et orageuses. Gela tient à leur sotte manière de discuter ; ils ont la rage de se dire perpétuellement des sottises à propos de bottes , et vraiment cela est de la dernière inconvenance; les étrangers en sont indignés; hier encore, je ne savais que répondre à un agent diplomatique danois qui me disait avec assez de raison que notre Chambre ressemblait à une école en insurrection. Cependant, à la séance d'hier, Martignac et Benjamin Constant ont fait assaut de politesse ; c'était un vrai combat à armes courtoises; probablement, un de ces jours, ils re-

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