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I . Ezéchiel, chap. iv

LE TAUREAU BLANC l33

coups d'étrivières : qu'enfin ils avaient été obligés de se réfugier en Egypte, de peur d'être lapidés. Ezéchiel et Jérémie parlèrent aussi trèslongtemps dans un fort beau style qu'on pouvait à peine comprendre; pour la pythonisse, elle avait toujours l'œil sur son animal; le poisson de Jonas se tenait dans le Nil, vis-à-vis de la tente, et le serpent se jouait sur l'herbe.

Après le café, on alla se promener sur le bord du Nil. Alors le taureau blanc, apercevant les trois prophètes ses ennemis, poussa des mugissemens épouvantables; il se jeta impétueusement sur eux, il les frappa de ses cornes , et , comme les prophètes n'ont jamais que la peau sur les os, il les aurait percés d'outre en outre et leur aurait ôté la vie; mais le Maître des choses, qui voit tout et qui remédie à tout, les changea surle-champ en pies, et ils continuèrent à parler comme auparavant. La même chose arriva depuis aux Piérides, tant la fable a imité l'histoire !

Ce nouvel incident produisait de nouvelles réflexions dans l'esprit du sage Mambrès. « Voilà, disait-il, trois grands prophètes changés enpies : cela doit nous apprendre à ne pas trop parler et à garder toujours une discrétion convenable.)) Il concluait que sagesse vaut mieux qu'éloquence.

et pensait profondément, selon sa coutume, lorsqu'un grand et terrible spectacle vint frapper ses regards.

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