‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 129 sur 553 · Du même à M""" de Doué, sa sœur, à Moulins · texte numérisé non relu

Du même à M""" de Doué, sa sœur, à Moulins

{Ibid.,p. 4«.)

Versailtes, 2 août 1789.

... Je compte, ma chère amie, retourner le o dans la capitale, car ici je vols autant de sujets de peine qu ailleurs. Toute l'auto-

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rite est nulle dans ce moment. A la place des gardes du Roi on ne voit sous les armes que des miliciens bourgeois à toutes les portes extérieures du château. Ce matin, les commensaux de la maison du Roy lui ayant fait représenter qu'on vouloit les torcer à prendre la cocarde et à faire le serxnce dans la milice, et quils étoient résolus de s'y refuser, à moins que le Roy ne le leur ordonne, celui-ci leur a fait répondre qu'il leur savoit bon gré de cette preuve d'attachement, qu'il les laissoit les maîtres de faire ce qu'ils vouloient, mais qu'il leur observoit que, s'ils étoient insultés, il n'étoit point en son pouvoir de les soutenir. D'après cela ils ont pris un arrêté en ces termes : (f Consentons à être inscrits sur le livre de bourgeoisie de Versailles; mais déclarons que, comme notre service nous appelle à toute heure près de la personne du Roy, nous ne nous tiendrons tenus à aucun service, à moins que le salut de l'État ne l'exige. ».

La Reine n'est pas sortie depuis trois semaines. J'ai vu, ce matin, Vicq d'Azir, son médecine Elle a une lièvre qui la prend tous les soirs, et je ne suis pas étonné si elle réfléchit comme moi que la couronne est si chancelante sur sa tête, qu'il ne faudroit qu'une mauvaise nuit pour qu'elle ne s'y trouvât plus. M. Necker s'est rendu à Paris, dans la vue de sauver M. de Besenval, arrêté près de Nogent, et qu'on conduisoit à Paris où il auroit vécu peu de temps. Il a demandé la même grâce pour les autres proscrits, et témoignant combien il avoit de chagrin de la conduite qu'on avoit tenue depuis son départ, il a fait un discours que certainement vous aurez. Tous les députés des districts avoient promis absolution générale par un arrêté fait sur-le-champ, filais l'Assemblée nationale a cassé cet arrêté, en sorte que INI. de Besenval est prisonnier à Brie oîi on a envoyé des miliciens de Paris pour le garder. M. le duc de la Vauguyon est détenu au Havre-.

Le duc de Luxemboui'g et sa famille, ^L d'Eprémesnil et quelques autres 'sont en Angleterre. Le maréchal de Broglie a été chassé de Meiz. On le clit réfugié à Verdun, d'autres en Allemagne. D'Araécourt est sauvée Le Noir est imprudemment caché dans Paris \ L'abbé Le Cogneux^ Robert de Saint-Vin-

1. Félix Vic([ d"A/.;r,néà Valosnes en 1748, mort en 1794, était premier médecin de la Reine.

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