‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 136 sur 553 · I. Adélaïde-Philippine de Durfoil, duchesse de Lorgcs · texte numérisé non relu

I. Adélaïde-Philippine de Durfoil, duchesse de Lorgcs

A M. J.-B. COGELS 147

mille ^ el deux dames, pour Turin. On craint qu'elle ne soit arrêtée en route. Rien de décidé sur le veto. L'opinion tourne à la permanence des Etats généraux. Je ne puis vous donner des nouvelles de M""^ de Bertaugle; elle est établie et demeure pour toujours à Versailles. Je suis très fatigué d'avoir été hier depuis 9 heures du matin jusqu'à 8 heures du soir sous les armes, car je suis soldat de milice.

Je suis...

20. — Du même à la comtesse J.-B. de Pestre, sa belle-sœur, à Bruxelles.

{Ihid., T 1562', p. 7.5.)

Paris, ce 30 septembre 1789.

Je vois avec bien du plaisir, ma chère sœur, que. quoique la société Françoise ait jugé à propos de se séparer, vous n'en avez pas moins goûté les plaisirs de Spa. Quant à nous, on ne connoît plus ce mot de plaisir à Paris. Ainsi jugez si on a le temps de s'ennuyer. Pour comble de maux, la misère est extrême ; on se laat chez le boulanger pour avoir du pain. Chacun porte aux Monnoies ses argenteries pour faire des écus. Par dessus cela, l'Assemblée nationale vient d'ordonner que chacun payeroit âo p. 100 de ses revenus. Jugez combien cela est gai. La moitié des gens de bonne compagnie est absente, l'autre ne voit personne... Tous les plaisirs se bornent aux spectacles qui sont peu suivis et très froids. On ne se voit que dans les clubs et aux promenades. Comme Paris est changé! Le diable emporte la liberté !

Adieu, ma chère.

Page 1