Voii' plus haut, p
2. M. il(î Savonnicres ne fut pas lue, mais eut seulement le bras brisé par un coup de feu. 'jYoir plus liaut, p. 104).
A M. DE DOUÉ i49
de se mettre en marche. Ceux qui étoient à l'hôtel de Charost ont été fort maltraités. Ils étoient épars, onlestiroit comme des pigeons ; ne pouvant rejoindre leur troupe, ils ont dû gagner les bois où plusieurs ont été assommés.
La milice de Paris a forcé M. de la Fayette à partir. Ils allés, avec leur général en tète et 40 canons, à Versailles, au nombre de 12.000. Ils y sont arrivés à 11 heures 1/2 du soir. M. de la Fayette est entré chez le Roy et y est resté seul. Il lui a dit que le peuple demandoit du pain, et vouloit l'avoir à Paris. Il a répondu qu'il consentoit à y aller le lendemain, à condition qu'il y mèneroit sa femme et ses enfans. Les gardes nationales se sont emparés de tous les postes. A 1 heure 1/2, les femmes enfonçoient les grilles et donnèrent de l'inquiétude. Cependant elles se retirèrent. La nuit fut assez calme. L'Assemblée nationale s'assembla par ordre du Roy et donna un décret qui permettoit d'user de force armée, s'il étoit nécessaire, pour approvisionner Paris.
A 6 heures du matin, la populace pénétra jusqu'aux appartemens. Deux Gardes du corps s'y étant opposés, leurs tètes furent coupées et promenées six heures après dans Paris i. On pourchassoit les Gardes du corps dans les appartemens. La milice parisienne y vint heureusement, s'empara des postes intérieurs et prit sous sa sauvegarde les mallieurcux Gardes du corps. M. delà Fayette obtint que les femmes descendissent des appartemens. Le Roy demanda grâce pour ses Gardes du corps, qui prirent la cocarde nationale et jetèrent par les fenêtres leurs bandouillères. L'Assemblée viendra s'établir à Paris.
Le Roy est arrivé au bruit continuel de décharges de mousqueterie et de canon, hier, mardi, à 7 heures et demie du soir. Toute la ville étoit illuminée. Deux haies bordoient son passage ; il étoit suivi d'un concours prodigieux de peuple et de poissardes. Deux voitures le précédoient ; dans la seconde étoient les écuyers. Dans la [même] voiture étoient le Ro}^, la Reine, le Dauphin,MADAME,Madame Elisabeth, Monsieur etM.de La Fayette. Ils ont été conduits au milieu des cris redoublés de « Vive le Roi et la Nation ! «Les poissardes crioient : «Voilà le boulanger et son petit mitron ! » D'autres : « Versailles à louer ! wC'étoit une frénésie. Les Gardes du corps, prisonniers entre la milice parisienne, retraçoient le spectacle des triomphes romains, où l'on amenoit les captifs. Une cavalcade infiniment