A M. HYACINTHE DE PESTRE
rables ont fait de même. Vendredi, on décidera l'affaire du Clergé. Le choix pour la présidence actuelle se balance entre M. Emeri, député de Metz\ et M. Le Camus -.
Une galerie, sur laquelle étoient placés les spectateurs dans la salle de l'Archevêché, s'est écroulée et a blessé quelques personnes. On n'ira au Manège que dans dix à douze jours. Là seulement se porteront les grands coups.
Le Roy n'est pas encore sorti de Paris. On disoit hier qu'on alloit lui composer une garde particulière sous le nom de Chasseurs de la Couronne.
Adieu, mon cher Bernières..., comptez à jamais sur les sentimens d attachement de votre serviteur.
29. — Du même à M. Hyacinthe de Pestre, son frère, à Bruxelles.
(/éîrf., p. 99-100.)
Pans, 30 octobre 1789.
Je VOUS remercie, mon cher frère, des détails que vous me donnez. Je pense bien, comme vous, que, tant que la force des princes ne devient point illusoire par la licence des troupes, ils seront toujours supérieurs aux événemens que les mécontens pourront susciter. Nous avons ici l'exemple que les grandes révolutions sopèrent souvent par de petites causes. Une seule nuit a fait perdre au roy de France toutes ses troupes et a mis l'insurrection totale dans son royaume. Dieu veuille que les malheurs que cette révolution occasionne finissent bientôt! Plus de confiance, plus d'argent, plus de commerce, voilà notre état. Les gens de mauvaise foi savent bien abuser de cette position.
Talon^ est en exercice depuis deux jours. Il ne lui reste plus le temps de se moucher. Il a sans contredit la plus belle place du royaume. Tout se fait grandement chez lui. On a été content de son discours au Roy et de son discours public de rentrée.
Je suis charmé des succès de l'Empereur. On se glorifie au
1 Jean-Loiiis-Claude Emmery (1742-1823), député du Tiers de Metz.
i. Aleï. -Gaston Camus (1740-1804), député du Tiers de Paris, président do IWsserablée le 28 octobre 1789.
3. Orner-Antoine Talon, beau-frère du comte de SenefTe. dont il avait épousé la sœur, Jeanne-Agnès-Gabrielle de Peslre, \en3.it d'être nommé licuteuint civil de la ville, prévôté et vicomte de Paris.
moins du joug que l'on porte, lorsqu'on le reçoit d'un être puissant. On nous débitoit ici des nouvelles bien différentes... Adieu...