‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 153 sur 553 · Du même au même, à Trêves · texte numérisé non relu

Du même au même, à Trêves

{Ibid, p. 134) .

Paris, 8 janvier 1790.

J'af appris, mon cher ami, votre déménagement et ses causes que j'ai trouvées très bonnes. J'aurois même désiré savoir M™'^ de Gontrœuil avec vous. Il m'inquiète de la voir rester à Luxembourg, puisque je sais que cette ville sera prise d'ici à quinzejours. On connoît aujourd'hui des moyens plus forts que n'est le canon, c'est un emploi d'argent dirigé de manière à arrêter les forces motrices qui les font agir : on encloue les bras et les batteries sont peu à craindre. Le projet de donner 100 flo-

1. L'affaire du prince de Lambesc, qui d'ailleurs était jugé par coutumace, semble s'ôtre terminée par un non-lieu (S. Lacroix, op. cit., t. Il, p. 446, et t. III, p. 86-87)

rins de pension à tout soldat qui désertera ou mettra bas les armes est agréé et va être mis en œuvre, et on a compté que la prise de Luxembourg coûtera moins de deux millions.

Ici on ne parle pas de nouvelles. On ne s'entretient que de la suppression des pensions et du mécontentement général que cause l'Assemblée. Elle a offert au Roy ce qu'il voudroit demander pour sa liste civile. Il a répondu qu'il falloit d'abord penser au payement de tous les créanciers de l'Etat et que l'entretien de sa personne étoit ce qui l'inquiétoit le moins. Tout le monde n'a pas vu d'un œil égal cette réponse.

On a arrêté et on suit l'affaire du cbevalier de Favras, qui est compliquée et paroît grave. Celle du chevalier de Rutledgeest changée en un ajournement personnel*. On parle peu du prince de Lambesc...

Adieu...

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