‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 18 sur 553 · Mercredi, 6 mai · texte numérisé non relu

Mercredi, 6 mai

7. En Béarn, la Noblesse et le Tiers réunis déclarèrent illégal le règlement de convocation des Etats, parce qu'il prescrivait un mode d'cleclion contraire aux coutumes locales. Ils s'obstinèrent à réclamer la convocation régulière de leurs Etats particuliers, seuls capables

pie*. Sur ce que le théâtre des Etats de Saint-Brieuc n'a pas été démoli et que l'on a faussement fait courir le bruit d'un courrier porteur d'un arrêt du Conseil pour assembler les trois Ordres^ on a cru un moment que la règle alloit être rétablie-. Je vous assure que c'esfune fausseté. Le comte de Boisgelin ' a assuré que le Roy avoit dit net : Non. Reste à savoir ce que la protestation et la requête que présenteront 1 évêque de Rennes ' et le comte opérera sur l'esprit des Etats généraux.

L'émeute du 27 au faubourg Saint-Antoine n'a été rien en comparaison de celle du 28 ". Les mutins, au nombre d'environ 400 ^, armés de bâtons, ayant pour spectateurs quelques milliers de personnes, ont entièrement dévasté la maison d'un marchand de papier peint ^ et celle d'un salpêtrier^ ; tous les meubles ont été brisés ; fenêtres, portes, boiseries ont été brûlées dans la rue, les jardins dévastés, les statues mises en pièces. Cent hommes de cavalerie ont contenu tout ce peuple pendant quatre heures". La duchesse d'Orléans, venant de Vincennes, a exigé que l'officier fit ouvrir les rangs pour lui donner passage ; le peuple s'est jeté en foule dans l'ouverture, a gagné les maisons que l'on vouloit préserver^". Alors les Gardes françaises ont été conduites au lieu du trouble, et ont

légalement de rédiger leurs cahiers et de choisir leurs députés. Cette convocation n'ayant pas été faite, les représentants des Béarnais se trouvèrent absents lors de l'ouvertui'e des Etats. (Chassin, Le génie de la Bévolution, t. I, p. 112).

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