‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 19 sur 553 · Voir plus haut, p. 3, note · texte numérisé non relu

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3. Louis Bruno, comte de Boisgelin, baron de la Roche-Bernard, chevalier des ordres du Roi, né en 1734, était, en 1788, maréchal de camp et maître de la garde-robe du Roi. Cette année-là, le Roi lui retira celle charge en raison de l'appui qu'il avait donné à la cause du parlement et des Etals de Bretagne. 11 fut exécuté à Paris le 7 juillet 1794.

4. François 11 Barreau de Girac (1732-1820), évêque de Rennes de 1769 à 1790.

5. C'est exactement ce que dit le plus complet récit de l'émeute du 28 avril, celui de VAmi du fioi, cilé dans Chassin {dp. cit., t. III, p. o6 et suiv.) : « L'insurrection du 27 n'étoil rien ; celle du 28 fut terrible. » L'après-midi du '■11, se répandaient dans les quartiers Saint-Marceau. Saint-Antoine et Noire-Dame 3.000 ouvriers, « soulevés par des brigands ». Ils voulaient, disaienl-ils, s'emparer des nommés J.-B. Réveillon, fabricant de papiers peints, et Henriot, salpètrier du faubourg Saint-.\ntoine, et les mettre à mort, les accusant d'avoir affamé le peuple et reprochant particulièrement à Réveillon d'avoir dit qu'un ouvrier pouvait bien vivre avec 15 sols par jour. Ou réussit à les calmer, mais leur fureur fil explosion le lendemain.

6. Si les chiffres donnés par beaucoup de documents semblent trop élevés, celui-ci en revanche parait trop faible, puisqu'il est constant que le nombre seul des victimes de l'insurrection fut de 4u0 à 500 (Chassin, op. cit., t. III, p. 62).

7. La maison de Réveillon était située rue de Mon treuil ; celle d'Heuriot, rue de Cotte.

8. D'après VAmi du Roi, ce fut la maison d'Henriot qui fut pillée la première (Cf. Chassin, op. cit.. t. m, p. 57).

9. C'était le détachement que l'on avait placé là, la veille, pour garder la maison de Réveilon. La révolte avait recommencé le 28 avril, vers les 6 heures du matin.

10. Le duc et la duchesse d'Orléans s'étaient rendus le matin de l'émeute à Vinceunes pour assister à une course de chevaux.

fait feu sur les mutins '. Environ cent sont demeurés sur la place. Un plus grand nombre a été blessé-. On a conduit les uns à l'Hôtel-Dieu', les autres aux liôpitaux de Saint-Louis et Saint-Yves. Mercredi, on a pendu deux hommes''. On procède contre d'autres prisonniers ^ L'abbé Roy, censeur royal, fut arrêté hier ; on soupçonne qu'il a distribué de l'argent ^. Un officier du Ghàtelet a dit au bailli Desnos '' que l'on approchoit du noyau de cette intrigue criminelle. De la cavalerie, des dragons, de l'infanterie nous gardent. On fait approcher de Paris un grand nombre de troupes pour maintenir l'ordre. Je dois ajouter que le 28 au soir on avoit conduit du canon au faubourg Saint-Antoine, que la menace de tirer sur la populace a seule inspiré sa retraite*. Les bourgeois sont contens des mesures prises pour leur sûreté. On voit des placards affreux contre le Clergé et la Noblesse. Les mutins s'étoient répandus dans les rues. Quantité de carrosses ont été arrêtés par cette vile canaille ; mais elle ne s'est portée à aucun excès. Le bailli Desnos et moi avons été arrêtés. Nous avons été quittes

1. A partir de 10 heures du malin, on fit marclier contre les énieulicrs toute la garde de Paris, le guet à pied et à cheval, le ré>:inieut Koyal-Cravate, les Gardes françaises et suisses.

2. 200 tués, 300 blessés, d'après l'Ami du Roi (Cf. Chassin, op. cit., t. III, p. 58).

3. Voir dans Chassin, l. III, p. 73-83, l'interrogatoire des 23 blessés transportés à l'Hôtel- Dicu.

4. Le mercredi, 29 avril, en vertu d'un jugement prévôlal rendu en la chambre criminelle du Châteiet de Paris, Jean-Claude Gilbert, couverlurier, et Antoine Pourat, gagne-deniers, furent pendus en la place du faubourg Saint-Anloiue (Chassin, op. cit., t. III, p. 86).

5. Dans l'audience prévôtalc du 18 mai, le Châteiet condamna deux émeuliers à être pendus, 5 à la peine du carcan, de la marque et des galères. L'un des deux condamnes à mort, la femme Berlin, obtint uu sursis, grâce à son Olal de grossesse ; l'autre, Pierre-Jean-Baptiste-Nicolas .Vîar\, écrivain à Paris, fut pendu le 22 mai place Saint-Antoine (Chassin, op. cit. t. 111, p. 9G-97).

6. L'abbé Jean Roy, né à Bourges, âgé de quarante-deux ans eu 1789, censeur royal dans la partie Ihéologique, secrétaire ordinaire et historiographe de Mgr. le comte d'Artois, avait été en relations avec Réveillon des 1786 pour la fourniture du papier nécessaire à l'un de ses ouvrages. En 1787, il ne lui avait encore donné aucun acompte de ])ayemcnt. Or le il décembre 1787, un jeune homme présentait à la caisse de Réveillon un billet au porteur de 7 000 livres, souscrit au nom du commerçant, billet qui fut reconnu faux. Mais là où les choses s'aggravèrent, c'est lorsque Réveillon prétendit que l'auteur de ce (aux élait l'abbé Roy, qu'il déposa une plainte contre lui et que l'abbé fut décrété d'ajournement le 17 avril 1788. L'affaire resta pendante pendant près d'un au et venait d'être reprise un mois avant l'émeute du faubourg Saint-Antoine. On comprend dans ces conditions comment on put vraisemblablement accuser l'abbé d'avoir poussé au pillage de la maison de son ennemi. Arrêté, puis mis en liberté, puis de nouveau décrété de prise de corps, il échappa par la fuite à ses accusateurs (Chassin, op. cit., t. 111, p. 101-142).

7. Nicolas- Pierre Desnos, dit le bailli Desnos, entré dans la marine en 1731, bailli de l'ordre de Malte depuis 1777, chef d'escadre en retraite depuis 1786, avec les provisions de lieutenant-général (Archives nationales, archives de la mariue, C* 107, fol. 300).

8. « La soirée s'avancoit sans que l'acharnement s'affaiblit. Je sentis tout le danger de le laisser continuer pcncfant la nuit... En conséquence je donnai ordre à un bataillon du régiment des Gardes suisses, auquel je joignis deux pièces de canon, de se porter au faubourg Saint-Antoine... Un officier revint bientôt me rendre compte que le tumulte s'éloit apaisé... à la vue du canon prêt à tirera (Besenval, Mémoires, cités dans Chassin, op. cit., t. m. p. 62).

pour une petite conversation avec un de ces bandits, qui, en me tenant la main, s'est mis à rire des plaisanteries que je lui ai faites. D'autres ont fait crier : Vive le Iloy ! Vive le Tiers Etat!

Les gentilshommes et la bourgeoisie de Caen sont sous les armes et gardent la ville que l'on avoit entrepris d'incendier. On pille les fermiers des campagnes voisines. A Orléans on a brillé trois maisons et pillé un magasin de blé. Quels sont les auteurs de tous ces désordres ? C'est ce qu'on ne saura peutêtre jamais.

Adieu, la poste me presse.

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