‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 183 sur 553 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

(lhi(l.,n« ni.)

Paris, ce 2 mai 1790.

... Les insurrections contre le Chàtelct et les ministres, mon cher Filsac, ont l'air de se calmer. La misère auumente à vue

1. « Dimanche [28 mars], dit L'Observateur du 30 mars, les groupes se sont formes de nouveau aux Champs-Elysées, aux boulevards el dans difl'éreuls endroits. Toujours la rarelo du numéraire étoit le prétexte dont on se servoit pour semer des propos alarmans et séditieux. Le soir, une quarantaine de jeunes gens ont traversé le l'alais-Uoyal en ordre de bataille, leur canne sur l'épaule ; ce rassemblement a un peu effrayé les citovens tranquilles. On a arrêté deux de ces jeunes gens... » {L'Observateur, n" 101). — « De noinlireuses patrouilles, dit le môme journal, à la date du 1'"' avril, rompent tous les jours les groupes ilu l'alais-Royal ;... les plus dangereux sont ceux où l'on tient des propos séditieux contre la Caisse d'Kscompte.... On arrête tous les jours de ces molionncurs incendiaires. Il y en a depuis samedi [27 marsj vingt-quatre ou trente tant à la Force qu'au Cliâtelet » [L'Observateur, n" 103.)

d'œil. Je suis surpris que vous ignoriez que Camille Desmoulins S Marat, Prudhomme-, Loustallot^ et une infinité d'autres folliculaires sont autant de scélérats soldés pour mentir, pour injurier avec effronterie, et pour tromper les badauds de la province. Le sort des honnêtes gens est dans ce temps de crise d'être déchirés par les méchans et loués par les bons esprits. Je n'ai ni le temps, ni la volonté de m'occuper de ces folliculaires. Je serois bien fâché que Camille Desmoulins, et tant d'autres folliculaires à la solde disent du bien de mes opinions et de ma conduite. Leur témoignage en ma faveur seroit une redoutable censure dans l'opinion des bons citoyens. Tant pis pour ceux qui nourrissent leur esprit d'une semblable lecture ; il ne faut plus dès lors être surpris que les sectateurs de cette classe d'écrivains soient exagérés dans leurs opinions et même enragés...

Ou nous écrit de toutes parts que les troubles augmentent dans les provinces. Notre province est perdue, si on fait un(> mauvaise élection. Il faut à la tête de l'administration, surtout dans ce temps d'orages et de délire, des hommes de caractère et de talent, et point de polissons et d'étourdis. Vous m'entendez.

Vale.

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