D(( même au même
[Ibiil., n" 52.)
Paris, ce 8 mai 1790.
... Le parti Jacobite,mon cher Filsac, acquiert tous les jours plus d'audace et de force. Il ne dissimule plus ses visées. Il tend aune déplorable démocratie. Les juges ne seront élus que pour six ans, sauf à renouveler leur élection au bout de ce terme, s'ils se sont rendus dignes de ces places. Le Roy n'y prendra aucune part; il n'aura même pas l'institution, de manière qu'il sera étranger à l'administration de la justice. Ce dernier point fut décidé hier. Cazalès parla comme un dieu '. Il apostropha
1. Camille-Benoît Desmouliiis (1760-1794), le ci^lcbre pamphlélairc et journaliste, rédacteur de Les Révolutions de France et de Brabant.
2. Louis-Marie Prudhomme (1732-183Ù), directeur du journal Les Révolutions de Paris.
3. Elisée Loustallol (170.-1790), l'un des principaux collaboraleurs du môme journal.
4. Jacrpies-Antoine-Marie de Cazalès (1758-1805), ancien capitiine do dragons, député aux Etats généraux par la noblesse des pays et jugeries de Rivière-Verdun, fjaure, l.éonac et Marestaing.
190 M. FAYDEL
les enragés, il décela leurs complots, il les traita de factieux Parlant de la destruction de la noblesse, du Clergé, des parlemens,il fut interrompu. Un enragé dit ^ : « Pourquoine voulezvous pas entendre l'oraison funèbre de ces corps? « Cazalès répliqua : « Dites plutôt l'oraison funèbre de la Monarchie ! » -, Et dans le vrai, les décrets rendus ces jours derniers l'ont mise à bas. On va faire de nouvelles protestations contre les atteintes qu'on a portées à la prérogative royale. Vale.