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{IbkL, n° .10.)
Paris, ce 15 mai 1790.
... Les désordres et les excès auxquels le peuple s'est porté à Toulon 2 et à Marseille^, mon cher Filsac, ne sont pas les seuls. On nous assure qu'il en est arrivé autant à Brest'. Le peuple s'est aussi emparé des forts. Les Anglois arment à force ; ils menacent l'Espagne. Les événemens arrivés dans nos ports à la même époque font craindre quelque trahison. Le Roy a donné des ordres pour qu'on arme de suite lii vaisseaux de ligne, et qu'on se tienne en disposition d'en armer un plus grand nombre, si le cas le requiert. Si, comme on le craint, la guerre est inévitable, certes nous ne sommes point en position et en mesure de la faire avec succès ". Les enragés d'ici déclament contre ceux qu'ils appellent aristocrates. Ils disent que ceux-ci ont fomenté cette guerre, pour traverser la Constitution et faire faire la banqueroute. La discussion sur cette importante affaire doit avoir lieu aujourd'hui. Le Chàtelet de Paris doit nous entretenir ce soir de la procédure qu'il a commencée contre les auteurs des scènes d'horreur des o et 6 octobre. Le
1. L'inlciTU|iteur de Cazalcs était Marc-Uavid I.a^ic. dcpLité du Tiers de Bcifort ^Arc/i. pari, t. XV, p. 4^0).
2. Le 3 mai, le peuple de Toulou s'olail auieulé ol a\ail inallrailé ol blessé plusieurs officiers, entre autres M. de Glaudc>ves, el M. de Chauicl (Bucliez et Roux, Hisl.parl. t. VI, p. 180).