M. DELAMARE DE CRUX A SON PÈRE
les différens départemens avec des bannières qui leur ont été données par la Ville. Je les ai trouvées un peu mesquines. On y lisoit ces mots : Confédération nationale. Paris \^ juillet ; de l'autre côté, le nom du département. Tous se sont rangés autour de l'autel de la patrie, la Garde nationale de Paris faisant également cercle par derrière. A un signal convenu, précédé de salves d'artillerie fort bien exécutées, a été prêté le serment civique. Ensuite, tout le monde s'est mêlé, s'est embrassé, avec les marques de la plus grande joie. On a crié : Vive le Roy ! pendant très longtemps et avec la plus grande chaleur. Je l'ai fait moi-même de bien grand cœur. Il a été très sensible aux marques d'amour que lui adonné son peuple. Il seroit impossible de vous peindre l'ivresse dont tout le monde étoit pénétré ; il faut l'avoir vu pour s'en faire une idée. La cérémonie faite, les troupes sont retournées dans le même ordre avec lequel elles étoient entrées. Tout s'est passé parfaitement, et M. de La Fayette par sa sagesse a maintenu la tranquillité dans un jour où tout le monde craignoit bien qu'elle ne fût troublée. Cette époque peut être à juste titre regardée comme l'affermissement de la Constitution. Les députés puisent ici des principes qu'on n'a pas toujours en province. La Cour a bien changé : à l'ancienne arrogance a succédé la plus grande popularité. Le Roy s'est déclaré plus que jamais le chef de la révolution. Il a même dit qu'il verseroit, s'il étoit nécessaire, son sang pour la défendre. Je vous souliaitela meilleure santé...