‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 194 sur 553 · LETTRE DE M. DELAMARE DE CRUX A SON PÈRE · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DELAMARE DE CRUX A SON PÈRE

(1d jl'illet 1790)

Un récit de la tète de la Fédéralioii par au dépulé de la garde nalionale de Goulances.

De M. Delatnare de Crux à sou père, à Coutances.

(Arch. liai., W 276, doss. 71, u» 14.)

Paris. 13 juillet 1790.

H a fait tous ces jours un temps affreux. ^lardi 13, le l'oy a passé en revue tous les confédérés tant des gardes nationales que des troupes de ligne. G'étoit aux Tuileries. Malgré l'épais feuillage de la grande allée, on étoit inondé. Le 14, jour de la fameuse cérémonie, je me suis rendu au Champ de Mars avec les députés extraordinaires des communes de France-. Nous marcliions en corps et en ordre. Nous avons été placés à lamphilhéàtre, à la gauche de l'Assemblée nationale, au milieu de laquelle se trouvoit le Roy avec la famille royale. Figurez-vous une foule innombrable de personnes de tout sexe (le féminin y étoit cependant en plus grand nombre) figurez- vous, dis-je, cette foule environnant le Champ de ^lars. Au milieu étoit lautel de la patrie, où lévèque d'Autun a célébré la messe. La pluie, qui a tombé dans certains instans avec la plus grande violence, n'a pu refroidir la chaleur patriotique du Idou pasteur. Il a célébré la messe avec toute la dignité dont il est capable. Derrière lautel de la patrie étoit un arc de triomphe, par lequel sont arrivés messieurs les députés de la fédération. On avoit construit un pont de bois sur la rivière, un peu au delà de la barrière Chaillot. A trois heures après midi, sont arrivés tous

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