LETTRES DE IW'"^^ DE VATRE A M. DE GIVRY
li FÉVRIER 1790 — 30 JLIX 1791)
Notice. — Tristesse de Paris au eoninieiicement de 1790. — La nomclle Conslitulioii militaire. — Une séance de l'Assemblée nationale. — Affaire de Lille. — La foule ameutée contre les députes du côté droit. — Duel l.ametli-Castries. — Le pillafre de 1 hôtel de Castries. — P.efirésentalion de Brutus au Théâtre de la Nation. — Le club des Jacobins et celui de la Conslilulion monarchique. — L'émigration de Mksdamf.s. — La Journée des Chevaliers du l'oiguard (28 février 1791). — Troubles a Douai. — Séparation de la duchesse d'Orléans et de son mari. — In vojage à Lyon et en Savoie.
J'ai déjà présenté à mes lecteurs M. de Givry, et j'ai à son sujet prononcé le nom d'une de ses plus fidèles correspondantes, M"'; de Vatre. Il me reste donc seulement à donner sur celle-ci quelques détails biographiques *.
Damaris-Elisabeth Gottin de Fontaine était la fille de M. Henry-Daniel Cottin, seigneur de Fontaine, négociant à Saint-Quentin, qui fut l'un des deux premiers commerçants en gros anoblis par le Roi à la suite de l'édit de 1767. 11 appartenait à cette haute bourgeoisie qui confinait de si près à la noblesse qu'elle finissait tôt ou tard par s'y agréger. De son mariage avec Marie-Anne Poupart, il eut quatre enfants : un fils. Louis-Daniel Gottin, seigneur de Fontaine, Fieulaine et Méraulieu, qui joua un rôle assez en vue à Saint-Quentin aux débuts de la Révolution, et trois filles. L'une Elisabeth-Adélaïde épousa M. de Pardin de Romeforl, une autre Suzanne- Louise, M. de Gourvoisie. la troisième enfin Damaris-Elisabeth, M. Pierre- Jacques-André-Suzanne Dumoustier de Vatre, conseiller du Roi.
Gette dernière union était parfaitement assortie. Sans qu'il m'ait été possible de découvrir quelle était la situation personnelle de M. de Vatre, je sais du moins qu'il sortait dune fam.ille d'origine tout à fait identique à celle de sa femme. Je trouve, au commencement du xviii" siècle, un Dumoustier de Vatre, marchand et blanchisseur à Saint-Quentin. Ccdevail être le grand-père de M. de Vatre. Mais le fils de ce marchand Pierre-Jacques Dumoustier de Vatre s'éleva vile. En 1739, il se rendait acquéreur de la seigneurie de Marcy, et dut laisser à son descendant une fort belle fortune, car les de Vatre, amis de Givry, sembleni avoir joui de la plus large aisance. Liés avec la meilleure société de Sainl-Quenlin et des environs, ils venaient chaque année passer plusieurs mois à Paris. C'est de cette ville que sont datées presque toules les letlres qui suivent et (pii empruntent aux événements qui s'accomplissaient alors un intérêt particulier.
1. Us sont lires des Archives dé|)arloniental('s de l'.Msnc H .'tû, 38, 22.'iû, 2:ilU, elc. et de Jleilcville, Diilionnairc hisloriijue de l'Aisii':, 18C5, 2 vol. in-S", t. 1, P- •iul ; l. II, p. 73.