Jean Calas, tragédie en o actes, de Jeau-Louis-Laya
n'être pas témoin des horreurs qui se passent et se passeront sous nos yeux avec l'anarciiic et le désordre dont nous sommes environnés ? Pour moi, je ne puis jeter les yeux autour de moi sans que la douleur ne s'empare de mon àme. Que faire avec trois garçons dans le militaire actuel, toujours sous le couteau, sans espérance d'avancement? Et quel service pour la noblesse, dans quelle servitude ! Ecrasés par de nouveaux venus, despotes, tyrans, même ; plus de liberté ; l'on dépend d'un tas de vagabonds qui, sur la moindre déposition, vous font arrêter, enfermer; non, jamais nous n'avons été traités avec ce despotisme. Chacun faisoit, disoil, alloit, revenoit sans rendre compte de ses actions. Actuellement, bon Dieu, que nous sommes malheureux ! Heureux et bien heureux ceux qui quittent la France ! Si j'avois de l'argent, j'en terois bien autant. Mais il faut aller comme l'on peut... Enfin, malgré que mon àme soit si noire et qu'elle vous fasse un tableau désagréable de Paris, venez-y que j'aie le plaisir de vous voir. Tous mes hommes vous offrent leurs hommages respectueux...