‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 224 sur 553 · De la même au imême · texte numérisé non relu

De la même au imême

[Ibid., n° 48.)

Paris, 25 décembre 1790.

Je n'ai presque pu, mon cher Désilles, vous écrire qu'à la liàte depuis votre départ, soit que j'attendisse des nouvelles à votre sujet, qui n'arrivoient pas, soit par des affaires qui me sont successivement survenues. L'idée de la contre-révolution m'a tourmentée, et je vous avoue que j'ai été prête à partir pour le pays étranger, non que je craigne les troupes (nos gardes nationales seroient dans le cas de veiller), mais je craignois les brigans qui cherchent toujours à pêcher en eau trouble. Beaucoup de monde étoit déjà parti, etj'étois d'une humeur effroj^able... Enfin, nous voilà tranquilles pour le moment pour

1. Cf. les n°= 120 et 127 de l'Observateur, et S. Lacroix, op. cit., t. V, p, 547-548.

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la contre-révolution; respirons, puisqu'on nous en donne le temps. Cependant, on a été hier demander la sanction au Roy pour le Clergé. On vient de me dire qu'il Tavoit donnée. Cela va faire du bruit. La plus grande partie ne feront pas le serment, et je ne serois pas étonnée que nous en vinssions à manquer de messe. Dieu veuille avoir pitié de nous!

Le comte de Mirabeau a demandé un congé d un mois ; cela donne beaucoup à penser. On croit qu'il est allé en Provence...

J'ai été hier chez Barbier \ oùjai vu le buste d'André. Jeu ai été fort contente ; je crois que vous le serez. Il en a tiré iO, et hier on a présenté au Roy et à la Reine son dessin d'estampe, qui doit l'être ces jours-ci à l'Assemblée nationale... Je crois qu'on profitera du moment, pour parler des marques d'intérêt que FAssembléc doit vous témoigner de la perte que nous avons faite. Ce seroit le moment de faire demander le nom pour un' de vos petits-enfans...

Adieu, ménagez-vous pour ceux qui vous restent.

Porter de Nermont.

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