M. DU BOIS-DES-COURS A M. DE LA MARTELIÈRE
Madame, je vous ai tout dit. J aurois cru manquer à mon devoir de vous cacher le moindre détail. Mais il est intéressant pour moi que Ion ne sache pas ici que je vous ai écrit ; ma maison en seroit responsable. Si vous avez la bonté de me répondre, pour me notitier quelques ordres, je vous prie de les adresser sous enveloppe à M. de Rochelle chez qui j'irai les lire. ..
Je vous prie de ne point encore venir. La crise dWrlay est probablement passée ; mais dans le voisinage elle commence, et les grands seigneurs sont l'objet de leur animosité. 11 n'y a que quinze jours que j'avois dit à M. Bourgeois que vous ne pouviez être mieux qu'au milieu de vos sujets, que vous y seriez plus tranquille qu'à Paris !...
J'ai l'honneur dètre avec le plus profond respect...
Darcier.
2. — De M. du Bois-des-Cours à M. de la Martelière, à IHermitière^
(Publiée dans La Province du Maine, t. II, 1894, p. 165-167.)
A Saint-Côme-, le 10 aoilt 1789.
Je t'écris, mon cher ami, à tout hasard à l'Hermitière, pour te prier, si ma lettre t'y rencontre, de m'envoyer celle de M. Legrand. Je serois fort aise de l'avoir, attendu que je me propose d'aller à Paris à la fin du mois et que, par la lettre de cet homme, je verrai à peu près la manière dont je dois me conduire avec lui. La fin de mon congé et mes affaires m'appellent également à Paris. Dans les derniers troubles qui ont agité la France, j'ai été. ainsi que beaucoup d'autres, englobé dans la proscription. Voici ce qui m'est arrivé.
Je partis d'ici la veille de l'Assemblée, pour me rendre au Mans, étant fort éloigné de soupçonner la fermentation qui régnoit dans les esprits et surtout la malheureuse catastrophe qui étoit arrivée la veille, à Savigné, à MM. de Montesson et de Vassé^