Du même au même
[Ibid., n» 63).
Taris, le 24 juin, au matin].
Voici, mon cher Saint-Luc, la substance de la séance du Roy, le '23 juin, tenue à Versailles en présence des trois Ordres réunis.
Sa Majesté voit avec regret la division qui règne parmi les
1. Le 15 juiu, la Noblesse, en exécution de son arrêté du 13, décide qu'une députation sera envoyée au Roi. « pour lui rendre compte de la conduite et des délibérations de la Chambre depuis l'ouverture des Etats généraux « [Arch. pari., t. VllI, p. 107).
2. Anne-Charles-Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Luxembourg (1737-1803), député de la noblesse de la sénéchaussée du Poitou, président de lei Noblesse le 12 juin, donna sa démission le 20 août, émigra en 1791.
3. Anne-Emmanuel-Ferdinand, duc de Croy (1743-1803), député aux Etats généraux de la noblesse du Quesuoy.
4. Cette prétention fut exprimée par la députation des Communes reçue par le Roi le 13 juin à 1 heure [Arch. pai-L, t. YUI, p. lui).
5. Comme on l'a vu, M. de (Juélen était à la retraite depuis 1785.
différens Ordres et surtout la précipitation avec laquelle le Tiers s'est empressé de prendre des arrêtés sans lui en faire part, de sorte quelle ne peut s'empêcher de les casser faute d'avoir eu la sanction royale*; que les différens Ordres sont de l'essence de la monarchie et que son devoir est de les protéger tous avec impartialité; qu'elle a pris connoissance des différens cahiers, que les pouvoirs des députés sont presque tous vérifiés demander l'égalité des impositions et l'abolition de la taille, qu'elle y consentoit ainsi qu'à la formation de la Constitution telle qu'on l'a proposé, à la liberté individuelle, à l'abolition des lettres de cachet, sauf aux Etats à lui indiquer les moyens de pourvoir à l'honneur des familles et à leur tranquillité ; qu'il admettoit que les impôts fussent établis et les lois consenties par les Ktats, mais que, dans tous les cas qui intéresseroient les différens Ordres, ils dévoient délibérer séparément.
Il a iini par dire qu'il donnoit l'exemple unique d'un ro}' qui cherche le bien de bonne foy et ne peut l'obtenir, mais que, si malgré tous ses efforts pour la paix et l'imion il ne pouvoit les faire consentir à y coopérer, il seroit obligé de les exécuter sans eux-.
Le garde des sceaux a lu sur tous ces objets un règlement en 28 articles^. Les Ordres ont été ajournés au lendemain, 24. Le Tiers n'a pas désemparé de sa chambre, malgré l'ordre du Roy porté par ^L de Brézé de se séparer *. On croit qu'il a protesté contre la séance royales
Le garde des sceaux et l'archevêque de Paris ont été hués parle peuple en allant et revenant de la séance, et au Palais- Royal on appeloit ce dernier J... F... d'hypocrite^ Les 44 députés bretons sont les plus fougueux. Lundi dernier, le Tiers
1. Dans sa déclaration, le Roi fit expressément allusion à la séance du 17 juin, où la rharabre des Communes s'était constituée en Assemblée nationale (Article premier de la Déclaration : Arcli. pari., t. VIII, p. 143).
2. « Vous venez d'entendre, Messieurs, dit le Roi, le résultat de mes dispositions et de mes vues. Elles sont conformes au vif désir que j'ai d'opérer le bien public. Si, par une fatalité loin de ma pensée, vous m'abandonniez dans une si belle entreprise, seul je ferai le bien de mes peuples. » IJbid., p. 143.)
3. Quélen commet dans sa lettre une confusion. En réalité, la séance royale se composa : 1° D'un premier discours du Roi ; 2» de la lecture d'une déclaration en 35 et non 28 articles ; 3» d'un second discours du Roi. où furent prononcées les paroles rapportées à la note précédente {Arch. pari., t. VllI, p. 142-lilJ).