‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 253 sur 553 · Du même à la même · texte numérisé non relu

Du même à la même

(Ibid., n" 39).

Limoges, 30 septembre 1790.

Vous avez su sûrement, ma chère maman, les vexations que j'ai éprouvées à Peysac. Je vais vous en faire un récit très court.

Le 6 du mois d'août, Ion est venu m'arrèter avec douze gardes nationales. Jétois dans la salle, avec ma femme et ma lille. L'on m'a mené sur la place du bourg, où, environné de deux cents paysans armés, l'on m'a fait subir un interrogatoire qui a duré quatre heures. Heureusement que je n'ai point perdu mon sang-froid. Sans cela, j'éLois assassiné. On vouloit me faire renoncera mes droits. Je n'ai jamais voulu, je me suis toujours tenu à dire que je m'en rapportois aux décrets de l'Assemblée nationale. Je ne puis vous en dire davantage. Le cœur me saigne de penser à tant d'infamies. M""^ de Peysac vous dira le reste. Pour éviter ces brigands, je me suis retiré à Limoges, où M' l'Intendant' a bien voulu me donner un asile. Mes affaires iront si elles peuvent ; mais jai cru qu'il ne falloit point me laisser tuer par ces mauvaises gens.

Personne ne paie, point d'ordre, point de justice, voilà ma situation au vrai. Jugez-moi d'après cola.

Jai l'honneur...

G'*' DE Peysac.

1. Marie-Pierrc-Charles Mculan d'Ablois. inicudant du Limousin dp l'84 a 1790.

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