‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 254 sur 553 · FÉVRIER — 29 AVRIL · texte numérisé non relu

FÉVRIER — 29 AVRIL

Kolice. — Une visite de cinq heures à la barrière de Paris. — Mécoutentemenl génoral de la population parisienne. — Le passage de Mesdames à Fontainebleau. — rsouveau\ détails sur l'émeute du Luxembourg contre Monsieur. — Mauifeslatiou des poissardes aux Tuileries. — Emeute de Vincennes. — La journée des Chevaliers du Poignard. — Menaces d'invasion. — Maladie du Roi. — Mort de Mirabeau. — .affaires religieuses. — F'rétendu manifeste des princes.

Les lettres que l'on va lire sont d"un homme dont la vie fut un long enchaînement de déceptions et de misères. Né en 1745, second fils de Hugues-Etienne, seigneur de Mesmon, marquis de Romance, écuyer ordinaire du Roi en ses grandes écuries, et de Marie-Anne Rousseau, marquise de Romance, Germain-Hyacinthe de Romance, marquis de Mesmon était, en 1780, lieutenant-colonel d'infanterie, et faisait fonction de lieutenant en second au régiment des Gardes françaises. Une de ces accusations, dont on dit que la mort vaut mieux, brisa sa carrière. Je laisse la parole à un contemporain.

« On ne parle, écrit le 11 septembre 1780, l'auteur de la Correspondance secrète, on ne parle que de l'aventure du chevalier de Romance, aujourd'hui marquis de Mesmon, lieutenant au.x Gardes françaises, et d'un jeune garde du corps, âgé de dix-neuf ans. Voici comment chacun la raconte. Le Marquis, a J'étais de garde le soir; il faisait chaud: j'ùte mon pesant « uniforme, je mets une redingote et vais respirer sur la terrasse du chà- « teau. J'y rencontre un jeune homme avec une femme sous le bras. Je « le fixe ; le cavalier le trouve mauvais. Nous nous battons ; je reçois deux « blessures légères. Le lendemain, je me rappelle qu'il est défendu de se « battre étant de garde, sous peine de vingt ans et un jour de prison. Je « suis sur que de bons amis instruiront le maréchal de mon aventure. J'ai « donné ma démission pour en prévenir les suites. » Le Garde du corps. « Je me promcnois seul sur la terrasse. J'y trouve un homme en redingote. « Il m'accoste, m'offre de l'argent, des présents... Je le saisis au collet « en lui disant à qui il a affaire. Il me décline son nom et son état. Nous « quittons la terrasse; nous nous battons et je donne à mon b... deux « grands coups d'épée. » — C'est à cette dernière version qu'on s'en rapporte. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'officier aux gardes avait dix-huit ans de service, était des premiers à avoir la croix et qu'il a été obligé de quitter son corps. » '

1. Correspondance secrète inédile sicr Louis AT/, etc. (1777-1702\ publiée par M. de Lescure, Paris, 18GG, t. I, p. 3H-3I2.

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