Du même à la même
[Ibid.)
Paris, 12 mars 1791.
Ma chère petite amie, je te prie en grâce de prendre un peu de patience sur notre séparation. Elle me coûte plus qu'à toi. Je mène ici une vie ennuyeuse et fort maussade... Toi qui es une bonne petite âme bien pure et bien innocente demande à ta protection, qui ta déjà donné une petite fille si jolie, de te donner cette faveur si importante à mon bonheur et à ta tranquillité. Voici de quoi il s'agit : ce n'est point dans la garde de Paris, c'est de l'emploi dans l'armée à mon grade, et ma croix de Saint-Louis. M. de la Fayette s'y intéresse et j'ai bien des amis qui s'en mêlent. J'espère que cela ne tardera pas...
Mesdames sont enfin arrivées heureusement à Chambéry, Elles ont traversé la ville de Lyon où ]\L de Choisy ', succes-
, ,1. (^Iaude-(iabriel de Clioisy. né en 17i3, manVIial de camp en 1781, roiiiinaiida succcssivcmenl à Landau, à Lyon, et contre Jourdau-Coiipt-Tète, à Avignon.
seur de La Chapelle, leur a rendu les honneurs de lilles do l^^rancc. Toute la ville a crié : «Vive le Hoy ! Vivent Mesdames M »
On a nommé hier le nouvel évoque de Paris. C'est un in-partibics nommé l'évoque deLydda. Ton confesseur, l'abbé Colombart, est nommé curé de Saint-Nicolas-. On dit que la bulle du Pape est arrivée et va être publiée. Voilà toutes les nouvelles du moment...
Je regrette bien de ne pas être avec toi à courir nos bois. Mais, ma petite amie, encore un peu de temps et je retournerai chercher la belle petite mine que tu me promets^ et voir notre petite tille qui doit être à présent bien jolie et bien riante. L'as-tu mise en fourreau ?
Adieu, ma chère petite amie, je t'aime et t'embrasse de tout mon cœur.