Les Ursulines de la rue Saint-Jaciiuos
Mais, en vérité, je leur dois bien cela. Voilà, mon ami, la vie que je mène depuis six semaines...
Je ne comprends pas que tu aies tant d'armes à faire. Il me semble que depuis deux ans ioutc la Nation doit être armée. Ici, à Paris, rien de plus rare que de voir une épée ; mais, en récompense, on ne rencontre que sabres, fusils, baïonnettes, .l'aimois mieux les cheveux longs de nos robins...
Le délire pour Mirabeau est un peu calmé ; c'est-à-dire qu'après lui avoir fait cinquante et tant de services dans les 83 églises qui restent à Paris, on se contente à présent d'aller brûler des cierges et l'invoquer autour de son cercueil dans le caveau où il est déposé. Sur les billets d'invitation envoyés pour les services, on ne mettoitpas : Pour le repos de rame, mais : Vous êtes prié, etc., en f honneur de M . de Mirabeau. Voilà bien qui caractérise notre délire irréligieux. Mais sûrement nous allons avoir encore des farces pour le transport de Voltaire qu'on doit apporter auprès de jNIirabeau. On réunira bonne compagnie dans ce caveau!...
Adieu, mon ami,... je t'aime et t'embrasse de tout ce cœur que tu connois...