‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 278 sur 553 · LETTRES DE M. DUTAILLY A M. FAIVRE · texte numérisé non relu

LETTRES DE M. DUTAILLY A M. FAIVRE

fl9 AVRIL — 13 SEPTEMBRE 1791)

Notice. — Émcule au sujet du dcpart du Roi pour Sain(-Cloud. — Démission de M. de La Fayette de ses fonctions de commandant de la Garde nalionale ; il la retire. — Intrigues du parti d'Orléans. — Fuite du Roi ; son arrestation à Varennes ; son retour à Paris. — Affaire du comte de Clioiseul. — Propos affreux tenus a. Paris contre le Roi et la Reine. — Translation des restes de Voltaire à Sainte-Geneviève. — Débat à l'Assemblée sur l'inviolabilité du Roi. — L'émeute du Champ de Mars. — Impopularité de La Fayette. — l'n voyage de Besançon à Paris en juillet 1701. — Démissions d'un grand nombre d'officiers. — Le Roi jure de maintenir la Constitution.

Né à Besançon, vers 1741. de Ferdinand Dutailly et de Jeanne Nardin, Antoine Dutailly, « homme de loi », comme il s'intitulait, était, au moment de la Révolution, chargé en Franche-Comté des affaires de Claude- Antoine-Glériadus, marquis de Choiseul-la-Baume. Il avait, en 1772, succédé à son père dans ces fonctions, et les remplit avec une fidélité qui devait le conduire à Féchafaud.

Venu à Paris en avril 1791, pour suivre un procès engagé par la marquise de Ghoiseul-la-Baume ' contre la duchesse de Lorges, il y resta jusqu'en octobre. Fendant ces si.\ mois, l'occasion s'offrit à lui de prouver son attachement au.\ Choiseul autrement que par la poursuite assidue du procès qui avait fait l'objet de son voyage. Au mois de juin, en effet, le comte de Choiseul, fils du marquis ". était gravement compromis dans l'affaire de Varennes. Emprisonné à Orléans, il ne fut admis à bénéficier de l'amnistie votée le 14 septembre 1791 par l'Assemblée qu'après mille peines et mille démarches. A ces démarches Dutailly s'employa activement et, sans aucun souci de se compromettre, soutint avec le plus grand dévouement le marquis et la marquise de Choiseul dans cette épreuve.

A son retour à Besançon, ses fréquentations chez les ci-devant ne tardèrent pas à le rendre suspect. 11 fut arrêté à la fin de 1793, conduit à Dijon, mais relâché, faute de preuves, le 3 novembre. Malheureusement i)our lui. presqu'au même moment le marquis de Choiseul était incarcéré à Paris, et dans les papiers saisis à son domicile, on retrouva facilement la trace de ses relations très suivies avec son homme d'affaires. L'ordre fut envoyé aussitôt de s'assurer de Dutailly, qui arrêté de nouveau ;■! Besançon, le 26 pluviôse an H, était, deux jours après, expédié sur Paris et traduit devant le Tribunal révolutionnaire en môme temps que le marquis, son

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