I. Voir plus haut, p. 131, n
i. Jean-JacqiiPs Poupart, curé assernienlé de Saint- Euslache. .3. Voir plus haut, p. 181.
292 M. DUTAILLY
générale ; toute la Garde nationale est restée aujourd'hui sous les armes.
Le Roy a laissé une lettre en forme de proclamation, où il fait à l'Assemblée des reproches amers de sa conduite vis-àvis de lui. Il lui reproche d'avoir dégradé le trône, anéanti l'autorité royale, perdu les finances, etc.. ; il repasse en revue tout ce qui a été fait, fait défense à son garde des sceaux de se servir pendant son absence des sceaux de l'État, à ses autres ministres de rien signer que par ses ordres, etc.. Vous le verrez imprimé dans peu '.
L'Assemblée a rendu aujourd'hui plusieurs décrets relatifs à la paix et à la tranquillité publique. Elle a donné ordre aux ministres de continuer le service, de tenir tous les jours conseil dans une salle à côté de celle de l'Assemblée, et de signer tous les décrets par forme de sanction -.
Elle tient séance jour et nuit. i\L le duc d'Aumont-\ commandant du bataillon de la garde du Roy, a failli à périr. Le peuple l'a arrêté passant sur la place de Grève en cabriolet, l'a fait descendre, le traînoit sur le pavé, lorsque la Garde a couru et lui a sauvé la vie. Son cabriolet a été mis en pièces sur la place. C'est lui qui devoit couchera côté du Roy et ne l'a pas fait. Voilà pourquoi le peuple vouloit le corriger comme M. de Launey. Il passe cependant pour un très zélé patriote ; aussi est-il dans la Garde nationale '.
1. Voir la déclaration du Roi, datée du 20 juin, dans les Arc/iives parlementaires, l. XXVn, p. 378-382.
2. Voir les dilTérenls décrets rendus par l'Assemblée le 21 juin, dans Archives parlementaires, t. XXVll, p. ot)3 etsuiv.
o. Louis-Marie-Guy, duc d'Aumont et de Mazarin (1732-1790), maréchal de camp eu 1702, chef de division de la Garde nationale en 1789.
4. La lettre suivante, adressée par M.-J.-E. de Saint-Pricsl frère de raucicn ministre à sa mère alors à Montpellier, donne quelques détails intéressants sur la pliysionomie de Paris après la fuite du Roi.
« Paris, 22 juin 1791.
« Je vous ai écrit hier, ma chère maman, et quoique ma Ictirc fût de bonne heure à la poste, je ne sais si elle sera partie, car on disoit (|u'on avoit arrêté le départ des courriers. S'il eu est de même aujourd'hui, malgré mon exactitude, vous serez en peine de moi. Je me porte cependant à merveille et j'use des i)lus grandes précautions dans les circonstances où nous nous trouvons, l'aris a été toute la journée d'hier |)lus tranquille (pion n'auroil jamais pu l'iniafjiner. M. le duc d'Aumont, .seul, a été maltraité, et encore ce fut dans le premier moment, qu'on apprit le départ du Roy. Il n'en est même pas malade. Le peuple a fait effacer do toutes les enseif^ncs et boutiques tout ce (|ui pouvoil avoir Irait au Roy, armes et noms. Aux bureaux des loteries, où il y avoit J.oterie royale de France, le mol de royale est supprimé. A I heure où je vous écris, il est onze heures du malin. L'Assemblée nationale, ni cpd i|uc ce soit dans Paris ne dil ou ne sait ])as encore par où le Roy el la famille rovalc sont sortis des Tuileries, dans ipielles voitures ils sont partis et quelle route ils ont prise. Je dilTéreiai d'envoyer ma leltie à la poste jusqu'à midi, pour savoir si j'aurai quelque chose à y ajouter. On ne permet à personne de sortir de Paris; j'i<;norc combien cela durera. Les nouvelles, qu'aura eues mon frère du départ du Roy, pourroieni bien lui faire changer d'avis sur le voyage de Suède, el je le désire fort . .Si je pouvois aller rejoindre le Koy, je le ferois; mais il i'aul d'abord savoirposilivemcnl où il est et élrc sur de ne pas
A M. TAIVRE 293
Deux aides de camp de M. de la Fayette courent après le Roy^