‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 289 sur 553 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{Ibid., n" 63.) Paris, le dimanche soir, 17 juillet 1791.

... Depuis vendredi que l'Assemblée nationale a prononcé sur l'inviolabilité du Roy, qu'on ne pouvoit l'accuser ni le mettre en cause S nous avons eu des clubistes, des dandis aux environs de 4 à 5.000, qui n'ont cessé de s'attrouper, de dire des horreurs du Roy, de l'Assemblée nationale, de M. de la Fayette et de la Municipalité, criant qu'ils ne vouloient plus de roy, mais une république. Quelques-uns de messieurs les députés leur avoient inspiré cette opinion incendiaire . Enfin, aujourd'hui, grande assemblée au Champ de Mars, qui a fait trembler le Roy et l'Assemblée nationale, car ces messieurs dandis parloient de détruire l'un et l'autre-. Les entrées des Tuileries et de l'Assemblée ont été gardées avec deux canons chargés et mèche allumée à chaque porte. Ce matin, ils ont commencé la journée à pendre deux hommes, un invalide et un perruquier, accusés d'avoir fait un creux sous l'autel de la patrie, pour y mettre de la poudre et le faire sauter. Quand ces malheureux ont été morts, ils se sont convaincus de leur innocence, car l'on n'a pas trouvé un grain de poudre sur eux. Trente hommes

1. Un décret, rendu le 13 juillet 1791, énonçait les cas qui enl raineraient désormais l'abdication du Roi. Mais l'Assemblée s'était ralliée aux vues du rapporteur Mutuel de Nanlhou ot avait reconnu i(ue punir Louis XV 1 de sa fuite serait ruiner le principe de l'inviolabilité et donner aux mesures législatives que l'on pourrait prendre à ce sujet un elTet rétroactif. (Aulard, HisLuire politique de la Révolution française, 11)04, in-8°, p. 121-123.)

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