Sur l'afTairi; du 17 juillet, voir plus liaut, p
de patrouille sont allés à ce Champ de Mars pour faire déguerpir cette canaille ; elle les a repoussés et vouloit les désarmer; ils s'en sont retournés bien vite, en disant qu'ils nétoient allés là que pour y mettre l'ordre et dissiper ces attroupemens. Cette patrouille est allée chez M. de la Fayette, lui rendre compte de ce qui venoit d'arriver. Ce général fait battre la générale, et ramasse dix mille hommes, les conduit au Champ de Mars, arbore le drapeau rouge. Après les avoir un peu pérores et priés de se retirer, il n'est point écouté. Il fait déployer le drapeau rouge et publier la loi martiale. On lui jette des pierres, on le met en joue. Un grenadier national le tire à balle franche, le manque ; enfin il commande aux soldats de faire feu ; il y en a !25 ou environ de tués et autant de blessés. Un aide de camp de M. de la Fayette, se trouvant à côté du grenadier qui mettoit en joue le général, lui a coupé le poignet d'un coup de sabre, après son coup lâché. Un autre aide de camp a reçu un coup de couteau dans la cuisse, d'un chefd'émeute fort bien mis, que l'on dit du club. Un cavalier, qui accompagnoit cet aide de camp, tire son pistolet et brûle la cervelle au clubiste. Enfin, après ce petit combat sanglant, le peuple s'est dispersé. Heureusement que beaucoup de soldats ont tiré leur coup en l'air. Le drapeau rouge est rétabli à l'Hôtel de ville et reste déployé ; ordre d'éclairer toutes les fenêtres, nombreuses patrouilles de nuit.
Pour moi, je n'ai heureusement rien vu de cette scène sanglante. Après la messe, je suis allé dîner chez un ami. Après dîner, nous nous sommes allés promener en cabriolet au bois de Boulogne. C'est à mon retour, à 8 heures du soir, que j'ai appris cette nouvelle. J'yi eu cependant peur en revenant à l'hôtel à 11 heures. On vouloit me faire coucher ; j'ai préféré de m'en revenir et me voici.