‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 29 sur 553 · est fait allusion ici à la nuit du 4 août · texte numérisé non relu

est fait allusion ici à la nuit du 4 août

3. Pendant la nuit du 4 août, trois curés, M. Duvema*', curé de Villefranche-en-Beaujolais, M. Goulard. curé de Roanne, et M. Mathias, curé d'Ugîise-Neuve, remirent leurs bénéfices, déclarant s'en tenir à leurs cures.

perspective lieureuse pour l'avenir ! Je ne dois pas oublier que le casuel des curés est supprimé. Tant mieux pour les héritiers qui en riront, tandis que nous autres, incessamment messieurs les enterrés, garderons le plus profond silence sur ie bonheur de notre postérité.

La ville de Provins a été en alarme. Des milliers de bandits la menaçoient d'une destruction totale. Secours demandé à la capitale, infanterie, cavalerie, artillerie, tout part avec la résolution de détruire les ennemis du bien public. Cette petite armée rentra hier sous mes yeux. Quatre corps morts la précédoient, seuls bandits trouvés dans la plaine... C'étoient trois lièvres et une perdrix qui désoloient la campagne et qui y avoient mis l'alerte. Ils étoient attachés d'une manière triomphante aux fusils des soldats du premier rang de cette armée, qui a reçu de grands applaudissemens du peuple'.

A l'aris, le peuple y est plus qu'inquiet, soupçonneux. Il ne voit que des trahisons dans les moindres choses. On charge un bateau de mauvaise poudre pour l'envoyer à la raffinerie d'Essonnes-, sous passeport signé Le marquis de la Salle^, pour M. de la Fayette, qui ne peut suffire à tout. Le peuple croit y voir un traître. Il remplit la place de Grève, prépare un fatal cordon, demande à grands cris La Salle pour le pendre. Les patrouilles se réunissent sur la place, au nombre de 400 hommes. Quatre pièces de canon menacent cette populace qui se retire avec le regret de ne s'être pas amusée un moment aux dépens de M. de la Salle, qui a cru prudent de se tenir à l'écart, abhorrant la suspension et donnant sa démission de membre de l'Hôtel de ville. Spectacle manqué pour cette fois! Mais les acteurs pourront être plus alertes lorsque l'occasion se présentera d'avoir une saillie de gaieté.

Cent hommes armés commandés par un avocat se rendent au château de Couilly y revendiquer toute l'artillerie qu'un

1. MM. Garia et Cliarlon, membres de l'Asscniblée dos électeurs ayant été envoyés à Provins pour pourvoir à la subsistance de ï'aris, et y acheter des blés, des voies de fait furent exercées contre eux et ils furent emprisonnés. Oualre commissaires furent alors expédiés par l'Assemblée à Provins pour obtenir l'élargissement des deux prisonniers et se faire délivrer les approvisionnements demandés. Ils partirent dans la nuit du 4 au 5 août, accompagnés de 4(10 hommes de la Garde nationale et de deux pièces de canon iSigismond Lacroix, Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, t. L p- 91-92). Mais les choses s'arrangèrent, l'entente se fit et les commissaires durent renvoyer les troupes avant eux, car ils ne revinrent à Paris que le 10 août, [Ibid., p. 243), alors que, d'après Quélen, les troupes rentrèrent dans la capitale le 7.

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