‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 28 sur 553 · Du même au mêine · texte numérisé non relu

Du même au mêine

{Ibid., n» 66.)

Paris, le 8 août 1789.

Nous faisons ici très merveilleusement vos affaires, sans que vous vous en doutiez. L'Assemblée nationale a arrêté la proscription entière de toute la famille des pigeons, en ordonnant la démolition des colombiers, la destruction des justices seigneuriales, les droits féodau.x abolis et rachetés à prix d'argent, cens, rentes et chefs-rentes, ainsi que les dîmes, le droit de chasse anéanti; chacun tirera sur son terrain, ou péchera les rivières sur les rives de sa terre sans distinction. Point de banalité d'aucune espèce ; les annates supprimées ; les bénéfices ne seront point accumulés sur une tête-. Deux curés députés ont renoncé à un de leurs bénéfices : le sacrifice ne les a point honorés; l'un abandonne 15 livres, l'autre îlO livres; on les a hués'^. Les privilèges des provinces à jamais oubliés, les députés bretons se sont portés fort de faire agréer ce sacrifice à leurs concitoyens, pour ne faire à l'avenir qu'un même peuple sous la dénomination majestueuse de François, brûlant des châteaux, pendant, décollant, hachant en pièces, sans formalité de justice, tous ceux qui déplaisent à cause de la grande liberté individuelle et enfin pour la plus grande gloire de Dieu. Quelle

1. C'est à une fête ofTerte, le 19 juillet, par M. de Mesmay, conseiller au parlement de Besançon, aux habitants et à la garnison de Vesoul, dans son château de Quincey, qu'eut lieu cet « attentat », qui semble avoir été plutôt un accident causé par l'explosion d'un baril de poudre que l'on crut contenir du vin. Sur cette affaire qui fit beaucoup de bruit, voir : Complot infernal exécuté d Quincey. A /freux désordres en Franche-Comté et en Bourgogne {19-^0 juillet). Paris. Guefûer, in-S", 1789; — Bertrand de .Moleville, Histoire de ta Révolution de France, Paris, 1801, t. II, p. 88-93 ; — Bûchez et Roux, Histoire parlementaire, t. II, p. 16) ; — Estignard, le Parlement de Franche-Comté, 1892, t. Il, p. 246-2c>3.

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