‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 292 sur 553 · De M. Diitailly à M. Faivre · texte numérisé non relu

De M. Diitailly à M. Faivre

(IbicL, 1= partie, ii° 6S.)

Paris, le H août 1791.

Jai reçu, cet après-midi, mon cher beau-frère, votre lettre, avec la copie de celle que vous avez écrite au lieutenant-

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colonel'. Pourquoi vous adressera un homme que vous ne connaissez point et non pas directement au colonel ? 11 n'est pas décrété, par conséquent il n'est pas mort civilement, ni privé de ses fonctions. Il continue à donner des ordres à son régiment... Ne craignez pas cependant qu'il parvienne sitôt au grade de maréchal de camp ; il nest pas dans une position assez favorable. D'ailleurs, c'est l'Assemblée nationale qui nomme en fait les officiers généraux : un militaire brave, aimant son Roy, ne veut accepter de récompense de ses services que de lui.

Il y a beaucoup de régimens vacans, c'est-à-dire qui n'ont point de colonel. On les offre à plusieurs officiers qui remercient et ne veulent pas accepter. Ils disent qu'il est inutile d'être à la tête d'un régiment, quand on n'est pas sur de se faire obéir. Deux colonels ont dhié hier et avant-hier ici et sont venus à Paris pour donner leur démission de leur régiment, en ajoutant au bas qu'ils n'espéroient de récompense de leurs services que du Roy même. Voilà notre armée dans un triste état, sans chef, sans officiers, et des soldats sans subordination. Plaise au Ciel nous renvoyer l'ordre et la paix !...

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