Bu même au même
(Ibid.,n''G[.)
Paris, le 13 septembre 1791.
, . . Mon cher beau-frère, ... ce matin, le Roy a envoyé à l'Assemblée nationale INI, le garde des sceaux avec une lettre portant qu'il acceptoit la constitution, mais qu'il espéroit que l'on feroit grâce et que l'on donneroit l'élargissement à toutes les personnes qui avoient été arrêtées avec lui, même à celles qui étoient en prison pour prétendue contre-révolution-. M. de la Fayette s'est levé et a fait la motion. Chacun a applaudi, et on l'a décrétée^. J'étois prévenu de cela hier; j'avois fait mes préparatifs pour envoyer un courrier ; je l'ai fait partir à 3 heures. Il doit arriver à Orléans à minuit; il fera 30 lieues dans 9 heures.
i. Aiiloinc-Bcrnard-Conslance Marion dp Mcillonas. liculonanl-colonel du régiiiieni Itoyal-Dragons, dont le duc de Clioiscul ôlail colonel. Faivre avait ('■cril a M. de Meillonas poiu' lui rcconiniandcr son fils aine, cavalier de Royal- Dragons.
2. Cf. la lettre du Roi, datée du 13 seplenibre, dans les Arcliivfs parlementuiics, t.XXX, j). C20 t)21.
3. Ce décret fut rendu dans la séance du 14 septembre (////</., p. 632).
Me voilà dans la joie de mon cœur et monsieur et madame bien aises. Et l'illustre prisonnier, qui depuis trois ou quatre jours avoit écrit que l'on préparât sa chambre et ses voitures, avec quel plaisir le Roy et la Reine vont le revoir! Car on a dit que la Reine a pleuré sur son sort, lorsque le père lui en parloit. Toutes les rues de Paris sont illuminées. Le Roy a annoncé qu'il iroit demain à l'Assemblée pour jurer de maintenir la constitution'. Les uns crient après lui; les autres disent qu'il ne pouvoit faire autrement sans exposer sa vie, celle de la Reine et de sa famille. Pour moi, je pense qu'il a bien fait, puisque cela a procuré la liberté à notre pauvre prisonnier. Demain le décret sera signé et envoyé à Orléans, de sorte que je le reverrai ici dans trois jours avec le père et la mère.
L'on a encore décrété, ce matin, qu'il n'y auroit que le Roy et le Dauphin qui porteroient le cordon bleu-. Voilà encore une platitude de plus à ajouter aux précédentes. Mais ce décret n'est que réglementaire, et les nouveaux députés pourront y déroger. Tant mieux, car notre marquis est un des premiers à 1 avoir...
1. Voir ic discours duRoi dans les Arclùves parlementaires, t. XXX, p. 635.
2. " L'Assemblée décrète qu'aucun Français ne pourra continuer de porter les raarqu< s dislinctives des ordres supprimés, à l'exception du lioi cl du prince royal, qui seuls pourront conserver comme distinction personnelle 1rs décorations dont ils sont revêtus ». [Arch. pari., t. XXX, p. 008.)
LETTRES DE M. CONEN DE SAINT-LUC A SES PARENTS; DE M A. DÉSILLES A IVI"° DE VIREL, SA SŒUR; DE M. DE MAICHE A SES PARENTS; DE M. DE PONTEL A M. D ABZAC