‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 329 sur 553 · LE MARÉCHAL DE BROGLIE AU MARQUIS DE VIBRAYE · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE BROGLIE AU MARQUIS DE VIBRAYE

cet effet chez M. le duc d'Uzès ^ d'une lettre que vous lui avez écrite de la part de Monsieur et de Monseigneur le comte d'Artois, par laquelle vous lui dites, Monseigneur, de vous mander quels sont ceux de ces officiers généraux qui désirent d'être employés, afin que vous puissiez en rendre compte aux Princes et qu'il leur soit destiné les emplois qui leur seront trouvés convenables.

Il y a six mois. Monseigneur, qu'il me fut mandé d'ici que les puissances étrangères alloient venir au secours du Roy et de notre patrie. J'arrivai ici avec trois enfans que j'avois alors, prêts à servir dans ce à quoi nous serions jugés utiles. Je suis, ainsi que les deux enfans qui me restent*, dans les mêmes dispositions ; mais j'ignore si je ne serai pas forcé de retourner incessamment pour quelque temps en France, où j'ai de grandes affaires. Comme père de famille, je ne peux pas n'en pas être occupé spécialement. L'incertitude de pouvoir rester ici ne me permet donc pas de me lier, en prenant de l'emploi dans des dispositions préliminaires. Quand les événemens si désirés par tout bon François seront prêts à arriver, je le serai également à servir le Roy comme soldat, s'il ne me destinoit pas à le servir comme chef d'une troupe.

Voilà l'expression de mes scntimens et ma détermination, dont je vous supplie, Monseigneur, de vouloir bien donner l'assurance aux Princes.

Je suis avec respect...

Vibra YE.

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