‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 34 sur 553 · Jean-Etienne Parent, curé de Saiat-ISicolas-des-Cliamps · texte numérisé non relu

Jean-Etienne Parent, curé de Saiat-ISicolas-des-Cliamps

!. Il n'v eut que deux Gardes du corps tués : MM. des Huttes et de Varicourt (Voir plus loin, p. 113-114).

montés, bien armés, se soient laissé égorger comme des moutons sans tuer un homme du peuple, s'ils avoient eu ordre de faire résistance et si sans ordre ils en avoient voulu faire. Quoi qu'il en soit, cette scène affreusement tragique a été terminée par apporter deux tètes ^ en triomphe, entourées de baïonnettes, au Palais-Royal, dépôt ordinaire des sacrifices, et par la conduite du Roy, de la Reine, du Dauphin, Madame Royale, Madame Klisabetli à iHôtel de ville de l^aris, puis aux Tuileries, où Leurs Majestés ont déclaré faire leur séjour le plus habituel. Depuis leur arrivée, le peuple entoure leur demeure, et crie Vive le Roy aussitôt qu'il aperçoit Sa Majesté ; mais on n'entend parler que de complots, de trahison, d'emprisonnement, et j'avoue que je ne suis pas assez fin, ni assez fou j)Oury croire jusqu'à ce qu'on en administre la preuve juridique. On débite même des choses à cet égard si invraisemblables qu'elles sont plus propres à me donner de la méfiance. Mais ce qui est certain, c'est la dénonciation de M. de Mirabeau à l'Assemblée nationale, sur un propos qu'il attribue à M. de Saint-Priest- d'avoir dit à la légion de femmes qui s'étoit portée à Versailles pour demander du pain : qu'il n'avoit jamais manqué lorsque le Roy faisoit approvisionner Paris, mais que depuis qu'elles avoient 1.200 rois elles pouvoient s'adresser à eux. J'ai entendu lire hier soir un lettre de M. de Saint-Priest qui dément cette assertion, qui ne paroît avoir été avancée que pour écarter ce ministre des Conseils du Roy. On verra la réplique de IM. de Mirabeau, car il n'est pas homme à être en reste.

Le pain ne manque plus et il est très bon. Voilà où nous en sommes. Qu'arrivera-l-il ? Je n'en sais rien. Les députés viennent s'établir aux Feuillans. Une quantité ne se croit pas en sûreté et veut partir.

On m'a dit que l'évêque d'Autun avoit déclaré à l'Assemblée que le Clergé possédoit 150 millions de rente, qu'il en falloit les deux tiers pour l'entretien des ecclésiastiques, et que l'autre tiers pouvoit être vendu au profit de la Nation pour payer la dette publique. Rien de décrété à ce sujet ^

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