‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 35 sur 553 · Celles de MM. des Huttes et de Varicourt · texte numérisé non relu

Celles de MM. des Huttes et de Varicourt

2. François-Emmanuel Guignard, comte de Saint-Priest, ministre d'Etat sans portefeuille depuis décembre 1788; renvoyé avec Necker le ii juillet, il revint aux affaires avec lui et fut ministre secrétaire d'Etat de la maison du Roi, cliargé on cette qualité du département de Paris, à la place de M. Laurent de Villedeuil. 11 donna sa démission le 2ti décembre 17!)0.

3. L'évêque d'Autun prononça son discours dans la séauce du 10 octobre 1789 iArch. pari, t. IX, p. 398-404).

[Ibid.. n" 71.)

l'aris, 18 octobre 1789.

M. le duc d'Orléans partit mercredi pour se rendre en Angleterre. Vous voudriez peut-être savoir quel est le motif de ce voyage, et je ne vous l'apprendrai pas, parce que je ne suis pas dans le secret. Vous dresserez vos conjectures sur les bruits qui se répandent et dont je vais vous faire part. D'un côté, des gens disent que le Roy a donné une mission secrète à monsieur le Duc pour traiter avec la cour de Londres, et que M. de Montmorin ^ a déclaré à TiVssemblée nationale quil avoit rédigé à la hâte des instructions pour Monseigneur. On lit cet article dans quelques-uns de nos papiers qui courent les rues. D'un autre côté, les malins, et il y en a sur le pavé, répandent que M. de la Fayette a dit à Monseigneur, en présence du Roy : «J'ai remis à Sa Majesté un mémoire contenant les preuves de votre influence sur l'insurrection du peuple et de votre volonté pour me faire assassiner. » Voyez un peu jusqu'où va la malice des hommes d'oser soupçonner un grand prince de deux crimes aussi énormes. On ajoute, à l'appui de cette assertion, lacapture de fusils et de cartouches chez un armurier rue Tiquetonne, mis en prison, que l'on dit avoir déclaré les tenir d'un valet de chambre de Son Altesse, (^n raconte encore quelques autres circonstances-. Accoutumé a être trompé par les propos populaires, je me suis déterminé à nerien croire dutoutqueje ne voie des certitudes, et je ne commencerai pas à lîxer mon opinion sur ce qu'on débite de ce prince que je ne soie sur que l'Hôtel de ville soit muni des preuves les plus claires d'une détestable intrigue, à laquelle on n'ose pas se permettre de soupçonner le cousin du trône d'avoir part. Le Chàtelet commencera lundi à mettre en pratique le nouveau code criminel, en instruisant la procédure des prisonniers. Ils sont nombreiLX.

L'Assemblée nationale tiendra lundi prochain sa séance à l'Archevêché et jusqu'à ce que le Manège soit disposé à la

1. Armand-Marc, comte de Moulraorin-Saiiit-Hérem, ne en lT4o, ministre des Affaires étrangères, massacré à fAbbaye le 2 septembre 1792.

2. Il est bien certain que le duc d'Orléans se trouvait gravement compromis à la suite des journées d'octobre et qu'une mission en Angleterre lui l'ut donnée alors eu partie pour l'éloigner. Quoi qu'il en soit, cette mission avait trait ans affaires de Belgique (Sorel, l'Europe et la Révolution, t. Il, p. 36).

recevoir. Le choix de ce lieu me plait infiniment. Plusieurs députés ont demandé des passeports pour retourner à leurs foyers. L'Assemblée nationale, voulant arrêter la désertion, a décrété qu'elle ne donneroit plus de passeports.

L'archevêque de Paris a donné sa démission de sa députation ^ M. Mounier - ne veut plus prendre part aux délibérations et se retire chez lui. Je ne vous donne pas la liste desémigrans, parce que je ne l'ai pas.

Adieu.

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