LE MARQUIS DE CLERMONT-GALLERAXDE A M. DE SARCÉ
oncle va à Francfort, je demanderai à M. le comte d'Artois la permission daller le voir. Reçois mes tendres embrassemens...
Du ynarquis de Clermont-GalLerande à M. de Sarcé, au château de Bossé [Sarthe).
(Arcli. nat., W 278, doss. 104, n° 47.)
[Coblentz], ce 24 octobre [179I\
Un beau et bon cheval entre ses jambes, de l'argent dans sa j)Oche pour se nourrir, s'équiper et s'entretenir, et la qualité de gentilhomme suffisent, mon cher Sarcé, pour être admis dans la compagnie rouge qui n'a pas d'autre dénomination et dans laquelle sont indistinctement entrés mousquetaires, gendarmes et chevau-légers anciens. Il ne faut nulle protection pour y être reçu que les conditions ci-dessus, qui sont indispensables. Si tel est votre projet, vous pouvez y envoyer vos en fan s ^ et être sûr qu'ils y seront placés. Je vous préviens que je n'y ai pas la plus légère influence ; mais vous devez assez compter sur mon amitié pour être sûr que, s'ils avoient besoin d'une lettre, d'une recommandation, d'une démarche quelconque qui pût leur être utile et vous servir, je ferois tout ce qui pourroit dépendre de moi, si, au moment de leur arrivée, je me trouvois encore ici, ce qui peut être incertain. Je vous prie même de ne pas répandre dans le pays que j'y suis, car je fais de mon mieux pour le cacher dans notre province. Cela n'est bon à rien et ne peut que nuire. J'envoie cette réponse à M™^ de Clermont- qui vous la fera passer, ne voulant pas vous écrire d'ici par la poste.
Nous n'avons rien de nouveau : beaucoup de tristesse sur notre position qui ne fait qu'empirer de jour en jour, une émigration effrayante, et jusqu'à présent pas d'espoir. Tel est notre sort. Il est fâcheux ; mais il faut espérer qu'il finira bien et que la Providence daignera nous tirer d'afîaire. Nous avons besoin d'elle; car, sans elle, il règne une telle obscurité sur les événemens futurs, qu'il est impossible de prévoir quelle