Du même au même
{Ibid . . W iS K)
Ce 10 novembre 1791.
Je te suis, mon cher ami, d'une reconnoissance infinie de tout ce que tu as bien voulu remettre pour moi au capitaine de Lubersac -... Le secours que tu m'envoies me sera très
1. François-Arlus-Hyaciuthe-Timoléon, comte de Cossé (1749-1803), maréchal de camp en 1788, frère du précédeul.
2. Jean-Louis, marquis de Lubersac, né en 1730, avait émigré avec ses deuï fds, Jeau- Louis-Marie, comte de Lubersac el Jean-Adrien, dit le baron de Lubersac. Je ne sais duquel de ces deux derniers personnages il est ici question.
Soi M. ALEXANDRE DE SAINT-SOUPPLEÏS A SON FRÈRE
utile, si je me détermine à acheter un cheval, qui va me devenir indispensable, quand une fois les princes seront installés à Coblentz..
Nos affaires, mon cher ami, suivant beaucoup de gens, avancent plus que nous ne le pensons. Un intendant des vivres a dit hier que les apothicaireries^ qui avoient ici l'ordre d'être prêtes pour le 1"'' janvier, avoient depuis peu reçu celui d'être prêtes pour le 26 de ce mois.
Hier, mercredi, il est arrivé à Coblentz pour les Princes 2!2 canons et beaucoup de boulets. Les officiers d'artillerie, qui jusqu'à présent n'avoient reçu aucun ordre, ont eu celui de se rendre à leur cantonnement.
Les Gardes du corps sont totalement montés; après eux, la gendarmerie est déjà au nombre de 900. Les mousquetaires s'occupent à Neuwied de leur état; ils manœuvrent tous les jours.
Ce qui concerne le régiment n'est pas absolument décidé. On croit cependant que le projet de reformer un corps de soldats n'aura pas lieu et que nous ferons un corps de troupes d'infanterie composé de gentilshommes. Je crains que nous ne fassions une bien mauvaise troupe, car aucun de nous n'est habitué à la fatigue.
M"^ ])*** ii-i'£^ mandé que tu étois venu dîner avec elle. Vas-y avant ton départ pour Saint-Cyr. Elle croit que tu viendras me joindre. Beaucoup de personnes me l'ont demandé; mais je leur ai répondu que tu étois auprès du Roy.
Comme toutes les provinces sont coalisées, les gentilshommes, qui ont quitté leur régiment, ou qui n'ont jamais servi et qui n'entrent pas dans les mousquetaires, se trouvent placés naturellement dans la coalition de leur province. Ceux qui seront restés chez eux pourront un jour éprouver bien des l'ebuffades. L'Angoumois forme, ainsi que le Poitou, une coalition. La gendarmerie se remonte à l'aide de 15.000 livres que chaque officier fournit à cet effet. II y a encore bien des officiers du régiment à venir nous joindre. Quand notre sort aura été décidé dans le conseil des Princes, on donnera un terme limite aux absens ; le terme expiré, ils ne seront plus regardés comme tenant au corps.
Adieu, mon cher ami; M. de Lowendal, le fils S n'a pas paru ici, mais bien le père - qui a été vu de très mauvais œil. Si mon