‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 40 sur 553 · Décret du 10 janvier 1790 [Arch. jmrl., t. XI, p · texte numérisé non relu

Décret du 10 janvier 1790 [Arch. jmrl., t. XI, p

l. Thomas de Maliy, marquis de Favras, né en 1744, pendu le 19 février 1790. 11 fui arrêté dans la soirée du 24 décembre 1789. L'arrélé du Comité des i-echerches, du 2() décembre, l'accusait « d'avoir tramé un complot contre l'ordre de choses établi par le v(eu de la Natiou et du Roy, d'avoir voulu introduire la nuit dans Paris des gens armés, afin de se défaire de trois des principaux chefs de l'administration : Kecker, Kailly, La Fayette, atlaquer la garde du Roy, eulcvcr le sceau de l'Klat et même entraîner Leurs Majestés vers l'éroanie ». (S. Lacroix, Actes de ht Commime de Paris, t. III, p. 292). Adrien I)u(|uesnoy semble être le plus près de la vérité sur cette mjstéricusc affaire lorsqu'il écrit dans son Journal : • Il est évident (ju'il y a eu un projet quelconque d'enlever le Roi, de le faire partir, d'assassiner MM. Bailly, Nccker, La Fayette, etc.. Il est évident eweoce que ce projet a été ou imaginé ou appuyé |tar M. de Favras. Mais est-ce autre chose

A M. LE PRESIDE-NT DE SAl.NT-LUC 3u

faire une contre-révolution, est au CluUelet, et ou ne parle pas moins que de le pendre sous huit jours. Le procès du colonel suisse^ traîne toujours. S'il avoit été coupable, il y a longtemps qu'il seroit été expédié.

Les diatribes contre l'auguste Assemblée tombent comme grêle. Mais lorsque les membres sont justes, ils n'ont point à craindre les médians. La révolution étant complète, ils laissent aboyer quelques chiens hargneux, auxquels ils n'ont laissé qu'un os bien sec à ronger. L'Adresse aux Provinces, Le Cri des provinces - , etc..., sont des objets volumineux. Vingt-cinq Actes des Apôtres ne le sont pas moins. Ibrahim Pacha et un ■municipal court les rues^, Les Crimes de Paris'*, etc.. Encore, ma foi, on s y perd dans la seule énonciation de tous ces pamphlets.

Les membres des vacations de Rennes se sont conduits fort sagement. La Nation les a envoyés mener leur fiacre chez eux. Ils partent aujourd'hui ^ Vous n'aurez dorénavant que des présîdiaux et apparemment que l'on en créera un à Saint-Brieuc, car il en faut un dans chaque carré®. Chapelier'' s'est le j)lus distingué dans son discours par l'échafaudage insidieux de faits faux, qui néanmoins ont ébloui la Nation claquemurée au Manège. Elle s'occupe à retrancher des ecclésiastiques ce qu'ils ont de trop à donner aux pauvres, dont l'espèce diminuera d'autant plus, depuis qu'ils jouissent de la liberté, que les gens riches vont partager leur misère, ou peut-être être mis à leur place.

1.800 hommes attachés à l'Empereur, sous les ordres du général Bender^ ont attaqué le camp retranciié des patriotes

qu'une conception folle, qu'un projet de Don Ouicliolte? At-il songé à rcxéeuter? Avoilil des protecteurs, des complices, des ressources, n'éloit-il qu'un agent très subalterne df personna?es très importants ? Ou n'étoit-ce qu'un lèveur. un songe-creux comme û doit y en avoir dans toutes les révolutions? » {Joiu'itai d'Aili-ien Dtirjuesnoy, t. II, p. 342'.

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