‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 417 sur 553 · Du même au 7nême · texte numérisé non relu

Du même au 7nême

(Ibid.)

Paris, le 17 avril 1792.

Monsieur..., la tentative Jacobite à l'occasion des soldats de Châteauvieux a encore échoué, et cette fête soi-disant patriotique, dont on craignoit les suites, s'est passée très tranquillement. Ce n'étoit, au surplus, qu'une mauvaise farce et une chienlerie exécutée par des sans-culottes. Tous les honnêtes gens l'ont désapprouvée ; et cette fois la canaille n'a pas eu beau jeu, parce personne ne s'y est montré et que toutes ces sottises, qui n'ont point de motif et ne remédient pas à tout le mal qui est fait et dont on ne sait plus comment on sortira, déplaisent infiniment aux bons esprits, même aux véritables partisans de la constitution, qui la voient enfreinte tous les jours et l'anarchie se perpétuer sans pouvoir y remédier.

Je pense que le mois prochain ne se passera pas sans qu'on nous ait attaqués, et nous ne serons pas plus sur la défensive dans le temps que nous ne sommes maintenant. Les Jacobins fondent tout leur espoir sur la défection des troupes étrangères : on verra s'ils ont le pouvoir de tout désorganiser et de tout corrompre. Ce n'est pas la volonté qui leur manque, mais bien les moyens ; et puis ce n'est que chez une nation aussi corrompue que la nôtre, qu'on trouve des intrigans et des scélérats en grand nombre pour seconder et faire réussir de sinistres projets.

J'ai l'honneur...

Lefebvre d'Acy.

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