‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 436 sur 553 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

(Ibid.)

Paris, le 1»' novembre 1792.

Monsieur, il n'y a rien à faire sur le change ici, et je pense

qu'il en est de môme à Lille, puisque c'est là où se préparent les grands coups contre les Autrichiens, et où les généraux disposent et combinent nos succès. Ainsi, nous ne tarderons pas vraisemblablement à apprendre de nouvelles victoires, et je crois que dans le système bien prévu la conquête du Brabant ne sera longue ni difficile. Les Jacobins de tous les pays sont frères ainsi que les francs-maçons ; ils s'entendent, se reconnoissent et sont entreprenans. Ce ne sont pas des gens honnêtes et occupés qui font les révolutions et les soutiennent ; ce sont ceux qui veulent changer de situation et n'ont rien à perdre.

Je suis sincèrement

Lefebvre.

(Ibid.)

Paris, le 21 novembre 1792.

Monsieur, ainsi voici le Brabant conquis et rendu libre

par les François. Cela fera-t-il le bonheur de ses habitans ? C'est ce que je leur souhaite, mais ce dont je doute. Si la liberté n'est pas plus aimable ciiez eux qu'elle n'est chez nous, il ne vaut guère la peine de changer de situation. Et, à dire vrai, cette charmante liberté n'est qu'un mot ; jamais an ne fut autant despotisé quon l'est aujourd'hui, et pour comble tourmenté de toutes les manières, et le plus grand nombre ruiné...

Vous êtes sans doute instruit de la faillite de deux maisons de banque de cette ville : Gastinel, rue Dauphine, et Schorndorff, rue Montmartre. L'argent et les louis sont aussi un peu diminués, et les eiîets nationaux se soutiennent presque au pair.

474 M. LEFEBYRE d'aCY

Malgré tout cela, je ne crois pas que notre gouvernement et nos finances surtout soient en chance de fortune, à moins que rêver

qu'on est riche ne suffise pour le faire croire

.l'ai l'honneur

Lefebvre d'Acy.

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