‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 451 sur 553 · LETTRES DU MARQUIS DE ROME A M. DE SALABERRY · texte numérisé non relu

LETTRES DU MARQUIS DE ROME A M. DE SALABERRY

(mars 1792)

Notice. — Bonnets rouges et sans-culotles. — Projets des Jacobins. — Le renvoi de M. de Narbonne, et la mise en accusation de M. de Lessart.

Voici encore un de ces cadets de famille, qui, comme Mesmon, se plut à saluer dans la Révolution naissante la réalisation de ses rêves déçus, de ses espoirs trompés. Ses griefs contre l'ancien régime, à celui-là, n'étaient pas pourtant bien graves. C'était surtout d'une ambition rentrée et de pressants besoins d'argent qu'il souffrait.

Né le 11 juin 1730 à Verneuil-sur-Seine, de Louis-Pierre de Rome, marquis de 'Vernouillet, lieutenant des maréchaux de France, et de Anne-Charlotte de Salaberry, Albert-Marie, marquis de Rome, était entré au service en 1743, à treize ans, comme cornette, et avait fait avec ce grade en cette année campagne contre les religionnaires des Cévennes. Que cela devait lui paraître lointain en 1793! Passé ensuite à l'armée d'Italie, où, s'il faut l'en croire, il se battit galamment, il obtint une compagnie en 1745.

Puis, nous le retrouvons, en 1757, lieutenant-colonel du régiment des Volontaires Liégeois, lieutenant des maréchaux de France en 1760, gouverneur de Ghàteau-Porcien un peu plus tard, lieutenant-colonel brigadier en 1779. Cette année-là, il obtient une retraite de 3.117 livres, et sa carrière semble finie '.

Il était loin cependant d'en juger ainsi, et il parait bien que ce fut à contre-cœur qu'il quitta le service. En 1780, il traite à 36.000 livres de la place de gouverneur de Rouen, sans que ce projetait eu, je crois, de résultat5. Puis commencent d'interminables séances dans les antichambres de la Guerre pour obtenir une prétendue liquidation de l'arriéré de ses appointements. Efforts infructueux, qui le disposent à se lancer dans le mouvement de 1789. 11 est nommé, à cette date, commandant de la garde nationale de Blois\ maréchal de camp en 1791, et comme tel employé à l'armée du Nord. Mais une maladie le force à quitter le service. Il est bientôt oublié, et nous le retrouvons à Paris au commencement de 1792, demandant de nouveau de l'emploi, ou une pension, car il ne touche plus la sienne depuis 1789.

Je ne crois j)as que les fins de non-recevoir opposées à ses réclamations

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