Bu niêjiie au même
(Ibid.. 11° 46.)
Paris, au Petit Carrousel, 19 juillet 1792.
... Je ne vous dirai pas grandes nouvelles aujourd'hui. Monsieur; mais s'il y a quelque chose de marquant et d'intéressant, je me ferai un plaisir de vous en instruire.
Nos troupes de ligne sont parties. On veut aussi éloigner les Gardes suisses malgré les termes précis du traité et de leur capitulation. C'est toujours la suite du même projet de laisser Paris livré à lui-même, de s'entourer le plus possible de ce que les clubs du royaume pourront envoyer de plus enragé. On attend les Marseillois et les Bordelois. C'est un peu loin. Ils se recruteront en route de tous les bandits. Déjà les fédérés, quoique inscrits pour le prétendu camp de Soissons, ne veulent plus partir par l'instigation des Jacobins, dont le vrai projet est d'avoir une armée à eux et de nous la faire payer. Le projet également, en définitive et ne pouvant plus tenir, est d'enlever le Roy, de le mettre au milieu de tous ces gens-là et de le mener dans les provinces du centre ou du midi. Tout se dispose à réaliser ce projet. On écarte les résistances et les obstacles. Cependant la Fédération n'a pas rendu autant qu'on s'y attendoit ; le nombre des fédérés étoit bien raccourci. Mais on en demande de nouveaux à tous les clubs, et Dieu sait quel monde ils vont nous envoyer. Gare aux poches! Fermez les boutiques! Savoir au reste s'ils auront le temps de réaliser tout ce qu'ils se proposent? Mais ils ont, comme on sait, des projets très civiques.