A SA BELLE-SOEUR ET A SES FILLES
noissez ma sensibilité. Si j'ai une jouissance en ce moment, c'est de finir en môme temps que mon digne époux. Sa résignation m'enchante, et soutient mafoiblesse. Je vous embrasse pour la dernière fois et vais prier le Souverain Etre d'èlre votre protecteur et votre appui.
Votre infortunée mère et sœur.
MlCAULT DE LA (ÎDYOMARAIS.
F.-S, — Ne négligez pas les conseils ainsi que les bons exemples à vos malheureux frères. Leur cœur est dans l'amertume. Mais j'espère que leur conduite, ainsi que la vôtre, ne démentira jamais les principes honnêtes et vertueux que nous vous avons donnés.
M'"" Joannin,de Rennes, nous a envoyé les 1.800 livres qu'elle avoit à nous pour payer nos avocats. Cherchez le billet et le lui faites adresser avec nos remerciemenspar le docteur Taburet, son cousine
2. — De M. Picot de Lwioëlati- à ses filles, à Limoèlan, près Broons.
(Ibid.)
De la Conciergerie.
Le 18 juin, à 9 heures du matin, l'an 1793.
Je vous embrasse, mes chers enfans ; dites à vos frères et surtout à notre voyageur, lorsqu'il reviendra dans sa patrie, que je les ai aimés jusqu'au dernier moment de ma vie. Je ne vous dis pas de prier pour moi. Bientôt je serai plus heureux que vous. Si mes prières sont exaucées, vous serez heureuses et dans ce monde et dans l'autre. Consolez votre mère-', soyezlui toujours soumises et ne songez jamais à moi que pour vous réjouir de la grâce que Dieu m'a faite de souffrir la mort pour lui.
Votre père qui vous aime tendrement.
Picot de Limo'élan.