‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 56 sur 553 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{Ibid., fol. 6-7 V.)

Versailles, le 5 mai 1789.

Je ne puis, Monsieur, que vous donner un détail très abrégé de la fameuse journée d'aujourd'hui.

A 8 heures du matin, les membres de tous les Ordres se sont rassemblés dans un grand vestibule qui précédoit l'entrée de la salle des Etats'. Au-dessus de la porte d'entrée de la salle, il y avoit une tribune tapissée de velours violet, parsemé de fleurs de lys d'or. Lorsque tous les membres ont été à peu près arrivés, trois hérauts d'armes ont paru dans la tribune et ils ont appelé les députés par bailliages, en annonçant la quantité de députés des trois Ordres. Chaque bailliage entroit dans la grand'salle et étoit reçu par trois maîtres des cérémonies qui les plaçoient successivement. Cette cérémonie a duré jusqu'à une lieure après midi. Toute la salle, indépendamment des députés, étoit remplie de plus de 2.000 spectateurs, de tous les gens les plus qualifiés. Le tond delà salle élevé de trois gradins étoit tout couvert de tapis de velours violet parsemé de fleurs de lys d'or. Le trône du Roy étoit placé sur une estrade extrêmement élevée et couverte d'un dais magnifique. Un lauteuil à côté, du trône étoit destiné pour la Reine ; les princesses étoient à ses côtés et toutes les dames du palais, en grands habits de la plus grande magnificence.

Vers une heure, le Roy est arrivé et a été reçu au milieu des acclamations de toute la Nation. Tout le monde s'est levé. Le Roy a lu son discours qui a duré quatre minutes et demie. Il l'a prononcé de bonne grâce. Il étoit plein do bonté; et il a été interrompu une fois par la plus touchante dos acclamations -. Son discours fini, la Nation a recommencé ses applaudissemens et les cris de Vive le Roy se sont fait entendre unanimement.

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