‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 57 sur 553 · La salle des Menus-l'iaisirs à Versailles · texte numérisé non relu

La salle des Menus-l'iaisirs à Versailles

2. Voir ce discours dans les Archives parlemenldires, 1. VIII, p. 1-2.

Au moment où M. le garde des sceaux^ alloit commencer son discours, le Roy nous a dit de nous couvrir, et sur-le-champ la Noblesse et le Clergé se sont couverts ainsi que l'ordre du Tiers. Au bout d'une minute, le Roy a ôté son chapeau, et tous les Ordres se sont également découverts.

Le discours de M. le garde des sceaux- n'a été entendu de personne. Il parle dune manière inintelligible. Ainsi, vous saurez si son discours étoit beau et bon quand vous l'aurez lu, car il m'est impossible de vous en dire un seul mot. Du moment qu'il paroîtraje vous en enverrai un exemplaire.

M. Necker a pris la parole. Son organe n'est pas fort, et il parle mal en public ; de manière que le commencement de son discours, qui sûrement est bien écrit, a moins fait de sensation que s'il eût été prononcé avec éloquence et voix sonore. Il a excité plusieurs applaudissemens très vifs, surtout lorsqu'il a parlé des vertus personnelles de Sa Majesté. Il a été obligé d'interrompre sa lecture ne pouvant plus lire, et il a supplié le Roy de permettre qu'un de ses secrétaires le continuât \

Je ne puis vous dire rien de bien positif sur l'effet que son discours a produit. Il faut le lire pour le commenter et le bien entendre. Il a éludé les grands points de difficulté, il a fait plusieurs répétitions, et plusieurs fois il nous a ramenés sous le tranchant du ministère. Nous ne pouvons avoir encore une opinion bien positive sur ce travail ; mais il m'a paru qu'il n'avoit pas la sanction générale. Au surplus, il est bien difficile de contenter tout le monde ; et ce qu'il y a de plus à désirer, c'est que les Ordres veuillent s'accorder.

La séance a fini à 5 heures. Demain, nous nous assemblons à 9 heures pour la vérification des pouvoirs.

J'ai l'honneur...

Marquis de Sillerv.

[Ibid., fol. 58-60 v°).

Lundi 13, à minuit.

Je n'ai que le moment de vous écrire un mot, mon cher ami. Les abominables conseillers du Roy ont enfin obtenu de

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