Du même à la même
{Jbid, p. Cl.)
Paris, 19 août 1789.
... Nous manquons totalement de pain ici, ma chère amie; depuis aujourd'hui, on en coupe par morceau. Il y a force gardes chez les boulangers. Le peuple dit qu'on le trahit. Enfin le feu est sous la cendre ou, pour mieux dire, sous la forine. Un rien peut enflammer de nouveau un peuple déjà irrité. On a pris de sages précautions pour faire partir les ouvriers assemblés à Montmartre ; on leur donne 4 sols par lieue et on les renvoie chez eux sous escorte. Il faut espérer que cela pourra s'effectuer*. On est embarrassé ici comme ailleurs pour les ordres. Le Roy et les ministres n'en donnent presque pas ; les seuls qu'on puisse suivre sont ceux émanés de l'Assemblée nationale. On est occupé à fixer et finir le code des droits de l'homme. L'intention est d'avoir fini le mois prochain. L'emprunt à 4 i/2 n allant pas du tout, l'Assemblée a remis le pouvoir à M. Necker de le changer, de l'étendre, d'en rendre les conditions plus favorables aux prêteurs.
Partie dos Gardes françoises ont endossé l'habit de la milice bourgeoise et sont rentrés dans leurs casernes, tambours batlans, conduits par les officiers choisis dans les districts. C'est sur cette milice bourgeoise que la tranquillité de cette ville repose uniquement; c'est par elle qu'on va parvenir à renvoyer successivement à leurs régimens le rebut de l'armée fran-
1. La grADd« rigueur de Tbiver, la foule de malheureux qui, ne trouvant chez eux ni Iranîl, ni subaiftlance, étaient venus en chercher ù Paris, où ils n'en trouvaient pas plus, détermin^ent le gouvernement au mois de mai 17b9 à ouvrir des ateliers de chanté ou de sceours. Hais aueun ouvrage utile n'était prêt à leur ofTrir et le nombre des ouvriers sans travail ausmenlait sans cesse (S. Lacroix, Acte» de la Commune, t. 1, u. 192 : Rapport du duc de la Roclicroueauld, dans les Archivée parlementaires, t. XXVIII, p. 264 et suiv.). Au dire de Baillj. il étaient 17.000 au mois a'août (Bailly, Mémoires^ t. Il, p. Î54), réunis surtout à Montmartre. Le 17 août 1789, l'Assemblée des représentante prit unarrélé décrétant que les ateliers de Montmartre et autres seraient formés à la date du 33 août, et les ouvriers tenus de se retirer chacun dans leur pays. Toutefois, ajoute l'arrêté : « Afin de pourvoir à la subsistance desdita ouvriers, il leur sera donné 20 sols le jour de leur départ, ea leur remellanl leur passeport, et en outre ils toucheront 3 sols par lieue, ainsi qu'il sera indiqué par les passeports jusqu'au lieu de la destination qu'ils auront choisi ». (S. 1^eroix, op. cit.., t. 1, p. 260.) liais cet arrêté n'eut pas grand efTet, car eu mai 1790 le «ombre des ouvriers était de 11.800, en octobre de lOuOO et en juin 1791, de 31 000 iibid. (. I, p. 1»3).
LE Comte de sieneffe
t point engager ici et qu'on amusé en atténmposition de ce corps, qui lui-même sera T intérieurement...
z votre mari pour moi ainsi que toute voire
nême à M. J.-B. Cogels, à Anvers.
{Jbid., T* 1562». p. 6.)
Paris, le 1" septembre 4789.
fait rimpossible pour ravoir ses dîmes-, Lie c'est un parti pris. Il y a mieux que cela : san ne veut plus les payer, en sorte qu'elles es. C'est, à mes yeux, une mauvaise opérait. Le Clergé coûtera au moins 30 millions
l'objet qui y étoit destiné n'existant plus, arge pour l'État, jusqu'au moment où un îs remplacera cette charge-là. Au total, il a pas fort strict sur les droits de propriété. s profits féodaux, cens, surcens, chasse, que les propriétaires fonciers ne seront nulussi, il y a vingt mille terres à vendre, beaut surtout celles de campagne et purement
urs de grands débats aux États généraux. :rit une lettre dans laquelle il prétend qu'il y l'Assemblée, et les nomme, et leur dit que, ; fort, il aura le peuple à son secours*. La ion est l'arme dont il meiidice, 0 mores!
même à Af°** de Dotiez à Moulins.
[Ibid., T 1562«, p. 67.)
Paris, 6 septembre 1T89.
lau ici, ma chère sœur. La comtesse d'Aravec la duchesse de Lorgcs*, M. de Vinti-
Durforl, duchesse de Lorges.
A M. J.-B. COGBLS 147
mille* et deux dames, pour Turin. On craint qu'elle ne soit arrêtée en route. Rien de décidé sur le veto. L'opinion tourne à la permanence des Etats généraux. Je ne puis vous donner des nouvelles de M™* de Bertaugle; elle est établie et demeure pour toujours à Versailles. Je suis très fatigué d'avoir été hier depuis 9 heures du matin jusqu'à 8 heures du soir sous les armes, car je suis soldat de milice.
Je suis...
20. — Du même à la comtesse J.-B, de Pestre, sa belle-sœur, à Bruxelles.
(/Wrf., T1562',p. 75.)
Paris, ce 30 septembre 1789.
Je vois avec bien du plaisir, ma chère sœur, que, quoique la société françoise ait jugé à propos de se séparer, vous n'en avez pas moins goûté les plaisirs de Spa. Quant à nous, on ne connoît plus ce mot de plaisir à Paris. Ainsi jugez si on a le temps de s'ennuyer. Pour comble de maux, la misère est extrême; on se bat chez le boulanger pour avoir du pain. Chacun porte aux Monnoies ses argenteries pour faire des écus. Par -dessus cela, l'Assemblée nationale vient d'ordonner que chacun payeroit25 p. 100 de ses revenus. Jugez combien cela est gai. La moitié des gens de bonne compagnie est absente, l'autre ne voit personne... Tous les plaisirs se bornent aux spectacles qui sont peu suivis et très froids. On ne se voit que dans les clubs et aux promenades. Gomme Paris est changé ! Le diable emporte la liberté !
Adieu, ma chère.