‹ Lettres d'aristocratesChapitre 122 sur 541 · Du même à M. de Bellangery à Bruxelles · texte numérisé non relu

Du même à M. de Bellangery à Bruxelles

{Ibid., p. 104-165.)

Paris, 5 no\embre 178S.

Votre lettre du 31 m'est parvenue, mon cher Bellanger, et je m'empresse d'y répondre, étant obligé de partir pour ma terre d'Orléans demain matin...

Il paroît que la douce tranquillité veuille vous fuir et que, courant après elle, vous avez bien de la peine à l'atteindre. Il s'en faut encore de beaucoup qu'elle veuille fixer son séjour ici. Nous manquons encore une fois de pain. II y a rumeur partout, et toute cette nuit on a couru aux armes pour arrêter le mal. On conduit ce matin les boulangers à la Ville.

Voilà la Nation en possession des biens du Clergé. C'est un acheminement au payement de la dette de l'État, et cet arrêté déjà sanctionné a fait grand plaisir généralement. Les parlemens sont suspendus de leurs fonctions et déclarés en vacances*. Les calottes ont été tondues en vingt-quatre heures. Les chambres de vacations continuent le service.

Le Roy n'est pas encore sorti de Paris, ce qui fait peine à bien des citoyens.

Nous avons eu ces jours-ci des thés charmans chez M. de Pully et de Chully (?)... On s'amuse mieux en petite société que lorsqu'elle est trop nombreuse... Nous aurions tous bien désiré vous voir parmi nous au moins ce petit moment-là. Toute la société est dispersée...

Adieu...

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