‹ Lettres d'aristocratesChapitre 137 sur 541 · Du m^me à M"^^ de Dotté^ à Moiitins · texte numérisé non relu

Du m^me à M"^^ de Dotté^ à Moiitins

{Ibid., p. 201.)

Paris, 8 juillet 1790.

J'espère, ma chère amie, que vous êtes heureusement arrivée chez vous, ce que j'apprendrai avec grand plaisir, el que vous y resterez autant que cela pourra entrer dans vos arrangemens.

Je vous apprends le retour du duc d'Orléans. Il a fait distribuer un mémoire justificatif, qui a fait impression en sa faveur. Au reste, tout sera, j'espère, plus tranquille, quoique les travau.T du Champ de Mars mettent furieusement ce peuple en émoi Des charrettes, chargées de femmes, traînées par des hommes, occupoient la totalité des boulevards ; joignez à cela les députés de 44.000 municipalités, les curieux, c'est un monde incroyable au Champ de Mars. Des femmes en plumes, des raccrocheuses, des moines, des chevaliers de Saint-Louis, des pousse-culs travaillent tous ensemble *. Le cirque sera, je pense, fort beau. Ceux des Romains n'avoient ni cette décoration, ni cette grandeur. Contre THôtel militaire est un échafaudage, presque de sa hauteur, où sera le Roy et la Nation en ses représentans ; au milieu, un autel sur un stylobate carré ; contre la rivière, un arc de triomphe dont on ne peut encore apercevoir aucune décoration. Dieu veuille que tout se passe tranquillement, et que ce beau jour soit celui qui commencera ceux de Tordre et de la tranquillité publique! La présence du Roy et ses sentimens doivent faire bien augurer de la félicité de son royaume, pourvu que les gens malfaisans soient forcés de se tenir en paix et d*y laisser les autres.

Adieu, ma chère amie...

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