Du même à la même
[Ibid., p. 205.)
Paris, ce 24 juiUet 1790.
Nous avons, ma chère amie, eu ici, tous ces jours, des fêtes superbes. La ville en a peu données, où il y ait eu autant de >Taie
t. U r eutce joar-là, 8 jaiUet, an GhAmp-de-MMS jot^'à S50UM0 •« JM.M9 Uwillww Le Km vint woir le spocUcle Lacroix, op. cit., t. VI, 414).
A M. J.-B. GOGBLS 173
joie, (le bon ordre et de tranquillité. On avoit défendu aux voitures de marcher, il y avoit très peu de gardes, de sorte que l'on alloit et venoit librement; il n'y avoit nulle part d'engorgement. La cérémonie du Champ de Mars étoit imposante. On ne peut s'en faire une idée qu'en la voyant. Elle s'est supérieurement bien passée, et le spectacle en a été non seulenient imposant par sa beauté, mais encore consolant par les germes d'union et de fraternité que les députés ont apportés ; ce qui prouve que les sentimens de la province sont bien éloignés d'aucun esprit de discorde...
Les autres fêtes étoient aussi fort belles ^ Lagirande, qu'on a tirée sur le Pont-Neuf, étoit superbe ; l'illumination et les bals des Champs-Elysées, délicieux surtout par la tranquillité. Il est étonnant la bonne compagnie qu'il y avait, le menu peuple étant allé à la Bastille et à la Halle. La Halle, illuminée en vauxhall, faisoit un bel eflfet ; les forts et les dames de cet endroit y étoient en nombreuse compagnie. On avoit fait sur le même plan de la Bastille une salle peinte en verdure, illuminée, de la grandeur totale dont étoit cette prison *. Les districts ont tous donné des fêtes plus ou moins belles. Au reste, jamais les étrangers n'ont été si bien traités à Paris.
J'espère vous envoyer d'ici à quelque temps des nouvelles d'Italie. Rien de nouveau pour les affaires...
Je vous embrasse...