‹ Lettres d'aristocratesChapitre 150 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{Ibid., »• 45.)

Paris, le 27 février 4790.

J'ai reçu, mon cher Filsac, voire lettre du 41 du courant. J'ai été obligé d'en déchirer une partie, parce que cette partie conienoit des expressions qui auroient pu nous compromettre, vous et moi. Vous apprendrez, à la lecture du testament du sieur de Favras, combien il faut être sage, discret et mesuré dans ce temps orageux...

Tout va de mal en pis. Les enragés continuent à faire la loi. La misère et la pénurie de Targent augmentent. Il ne nous est plus permis de faire usage de la parole. Les nouvelles officielles nous donnent les plus vives alarmes sur la perte de nos colonies... Je ne sais ce que nous deviendrons; notre position est très critique. On annonce de nouvelles insurrections ; on vend publiquement les libelles les plus séditieux, les plus infâmes et les plus incendiaires ; on inculpe tous les gens en place. L'Assemblée n'est pas plus ménagée. On murmure, on est comme persuadé que la banqueroute aura lieu. Le commerce est nul ; les billets de la Caisse perdent 4 p. 100. Enfin tout semble se réunir pour de nouveaux malheurs. M. Necker est bien malade ; il pense à se retirer. Il se prépare d'aller aux eaux, après avoir donné les instructions et les éclaircissemens nécessaires au Comité de la trésorerie, qui doit le remplacer lui et le Contrôleur général...

Adieu.

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